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EVS: le rendez-vous manqué de l'Elysée
LES FAITS - Muriel Michelin, présidente de l'Union des EVS (UNCEVS), raconte ce qui fut le dernier jour de contrat pour 30 000 EVS embauchés en 2006. Le ministre a insisté sur le fait que "le même nombre d'EVS serait embauché pour septembre"
CONTENU
1. Interview de Muriel Michelin, lien sur le contexte
2. Cmmuniqué de l'intersyndicale
3. Déclaration de Luc Chatel (Avec AFP)
Nous avons joint une Muriel Michelin fort mécontente dans le train qui la ramenait à Nantes, son lieu de résidence. « Nous étions devant les grilles de l'Elysée à 11 heures avec nos banderoles. Après nous avoir demandé de partir, il a été accepté qu'une délégation soit reçue. Avec les six membres de l'Intersyndicale mandatés, nous avons été installés dans un salon, nous avons déposé nos cartons et attendu. Pour nous entendre dire que finalement nous ne pouvions être reçus, car il y a une procédure particulière à respecter, ce que nous n'avions pas fait. Et il semblerait que finalement le président et les membres de son cabinet étaient en voyage. Nous étions très mécontents et nous l'avons fait savoir. Nous persistons à demander une audience au président et au premier ministre. Nous tenons à savoir ce que sont devenues les pétitions portant 45000 signatures en faveur d'un prolongement de nos contrats ». L'Intersyndicale a émis un communiqué et Luc Chatel , le nouveau ministre de l'Education, a expliqué qu' »un nombre équivalent d'EVS seraient embauchés pour la rentrée." Pour la présidente du collectif, « il n''est pas question de baisser les bras. C'est vrai que depuis plusieurs jours, des EVS avaient renoncé, parce qu'il s'agit d'une population fragile psychologiquement et que certains ont choisi de se rapprocher des pôles emploi pour passer à autre chose. Le ministère a joué sur la culpabilisation des EVS alors que c'est bien lui qui devrait se sentir coupable. Le collectif ne va pas disparaître, bien au contraire, nous allons poursuivre la lutte »
Le contexte
http://www.provenceducation.com/index.php?option=com_content&view=article&id=664:evs-dernier-jour&catid=56:les-articles&Itemid=70
2. Le communiqué de l'intersyndicale
30000 EVS TRAITES AVEC MEPRIS
Embauchés en 2006 dans le cadre du plan de cohésion sociale de Jean Louis Borloo pour remplir des fonctions d'aide à la direction d'école ou d'accompagnement des enfants en situation de handicap, les Employés de Vie Scolaire ont parfaitement rempli leurs missions dans les écoles. Ni le Ministère du Travail, ni le Ministère de l'Education Nationale et les représentants de l'Etat dans les régions et les départements (préfets, directeurs départementaux du travail et de la formation professionnelle, recteurs), n'ont rempli leur part du contrat, à savoir la formation et l'accompagnement de ces salariés. Ils organisent un turn-over général, s'abstenant ainsi d'offrir des solutions et des perspectives à 30 000 personnes arrivant au terme de leur contrat aujourd'hui.
Sollicités à maintes reprises par nos organisations pour débattre des perspectives d'emploi ou de formation qui leur seraient offertes au bout de leurs trois années de contrats, le 1er ministre comme les autres ministres concernés, n'ont daigné nous recevoir.
Une délégation de nos organisations s'est rendue ce matin à l'Elysée pour y déposer les 100 000 signatures collectées dans le cadre d'une pétition unitaire. Il n'a pas été possible d'être reçus et entendus. Le dépôt des pétitions a été enregistré dans l'indifférence générale. Le déploiement d'une banderole « 30 juin ? 30 000 EVS licenciés ? Prolongez leurs contrats M. le Président » a suscité plus d'émoi. Il y a des vérités que l'on n'aime pas entendre !
Avec l'ensemble des signataires de la pétition, nous n'acceptons pas le mépris avec lequel sont traités les EVS. Nous exigeons aujourd'hui un suivi personnalisé de chaque situation et l'étude de toutes les solutions de réemploi possibles. C'est le discours que nous tiendrons au Président de la République ou à son représentant puisque nous réitérerons officiellement notre demande d'entrevue forts de l'assurance reçue ce jour, qu'elle serait reçue positivement.
Thierry Cadart, Secrétaire Général du SGEN-CFDT Christian Chevalier, Secrétaire Général du SE-UNSA Gilles Moindrot, Secrétaire Général du SNUipp-FSU Catherine Perret, Co-secrétaire Générale de l'UNSEN-CGT Muriel Michelin, Présidente de l'UNCEVS
3. Position du ministère
Maintien du nombre d'emplois de vie scolaire à la rentrée (Chatel)
Le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a assuré mardi qu'il y aurait à la rentrée "autant d'emplois de vie scolaire" (EVS) qu'auparavant, affirmant que 18.000 contrats, qui arrivent prochainement à expiration, allaient être renouvelés.
"Il y aura à la rentrée autant d'emplois de vie scolaire, auprès des enfants et dans les classes, qu'il y en avait jusqu'à présent", a-t-il déclaré, lors de la séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.
"Ces emplois sont des contrats à durée déterminée, pour des durées de trois ans, renouvelables une fois. Certains, 18.000, sont renouvelables, et ils seront renouvelés. Les 12.000 autres arrivent au terme des 2 X 3 ans, mais les postes restent présents", a-t-il dit.
"Concernant les personnes, les choses étaient claires dès le début: il s'agissait bien de contrats à durée déterminée, avec une formation, avec la volonté de l'Etat de servir de tremplin", a-t-il poursuivi.
"Concernant l'accompagnement des enfants handicapés, c'est vrai, il y a une relation particulière entre ces adultes et les enfants handicapés, on le comprend très bien. C'est la raison pour laquelle nous sommes en train de regarder, notamment avec le monde associatif, la manière dont nous pourrions envisager les choses", a-t-il encore dit.
Quelque 30.000 employés de vie scolaire sur 42.500 au total arrivent en fin de contrat en juin, d'après les syndicats d'enseignants.
Une délégation syndicale a déposé mardi matin à l'Elysée une pétition de 100.000 signatures demandant le prolongement des contrats de ces EVS. La délégation n'a pas été reçue et le dépôt s'est fait "dans l'indifférence générale", a estimé cette délégation dans un communiqué.
Les contrats "emplois vie scolaire" (EVS), attribués sans condition de diplôme ou d'âge, bénéficient à des personnes peu qualifiées, en rupture avec le monde du travail. Ils sont chargés d'épauler les directeurs d'école pour des tâches administratives, d'aider à l'encadrement ou la surveillance des élèves ou d'assister les enfants handicapés. (avec AFP) |