Sorties sans diplômes - Bouches -du-Rhône PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par wallez   

Formation en réseau et au lycée pour un millier de jeunes sortis sans qualification ?

 

LES FAITS - Une convention a été signée mercredi 24 juin entre le rectorat et l'Ecole de la Deuxième chance (E2C), association qui sur Marseille oeuvre à  la formation et l'insertion par an de 600 jeunes jusqu'à 25 ans  sortis sans qualification du système scolaire. Cette convention-cadre, sans définition précise d'un projet, mais qui s'attacherait aussi à titre expérimental à un public  de 16-18 ans, pourrait trouver une première concrétisation sur une idée présentée en cette occasion par Jean-Louis Reiffers, le président de E2C. L'Ecole cherche une trentaine de salles dans la région pour répondre à une demande croissante. Selon un dispositif qui fonctionne déjà à Istres, les jeunes, "encadrés par deux accompagnateurs, travailleraient en même temps que leurs homologues du  site E2C de Marseille, en réseau", connectés par ordinateur par exemple pour la partie de formation générale. Ils viendraient à l'Ecole de Saint-Louis pour trouver des stages entre autres.   Il a été demandé à la Région, propriétaire des locaux de mettre à disposition des salles ventilées dans trois ou quatre lycées principalement à Marseille et alentours.

Jean-Louis Joseph, le vice-président de la Région, reconnaît avoir été sollicité. Selon lui, plusieurs questions doivent être pesées: coût, sécurité, disponibilité des salles. Il souligne que la Région a mis en place un dispositif un peu similaire nommé ETAPS. Il relève que "le processus de décision, au stade de la maturation,  passe par une phase de concertation" des acteurs de l'Education et de la formation dans l'académie. L'un d'entre eux, la FSU, syndicat majoritaire parmi les enseignants est hostile à ce projet qui avait été  déjà présenté il y a quelques années. Pour la Fédération, ce travail de formation-insertion auprès de ce public relève de l'Etat et il existe différents organismes, AFPA et Greta, qui sont compétents mais"dont on réduit les effectifs et les moyens".  Les premières orientations du budget 2010, présentées hier,  confirment la politique initiée par le président Sarkozy; pas de remplacement d'un fonctionnaire sur deux..

 M.Reiffers estime à 1500 par an le nombre de jeunes qui pourraient et voudraient disposer de cette extension de E2C, principalement sur Marseille. Dans son discours au Congrès lundi, le président Sarkozy a consacré un paragraphe à ces jeunes de 16-18 ans sortant sans qualification. En avril, il avait souhaité que 7200 places supplémentaires soient ouvertes dans les Ecoles de la deuxième chance après un accord avec les Régions. Sera-t-il trouvé en Paca ?  Argumentaire des diverses parties

 

 

Jean-Louis Joseph, vice-président de la Région, en charge des lycées

"Il est vrai que le Rectorat nous a sollicités, nous aévions une réunion commune lundi. Nous réfléchissons à tous les aspects de la question: coût, sécurité, occupation des locaux. Nous allons écouter les divers acteurs. Je signale que la Région est un partenaire important de l'E2C puisque nous donnons 1,3M euros dont 700 000 seulement pour la formation. Nous consacrons un budget de 16 M euros pour les ETAPS (1)"

(1) E.T.A.P.S. (Espace Territorial d'Accès aux Premiers Savoirs). Il y en a 150 dans la Région PACA et concerne un peu plus de 4500 jeunes... Des jeunes de 16 à 25 ans qui, pour des raisons diverses, n'ont pas de travail et ont du mal à s'intégrer dans le monde professionnel. (Source: site de la Région)

 Jean-Paul de Gaudemar, recteur de l'Académie Aix-Marseille.

"Cette convention prolonge et renforce une coopération avec l'E2C qui a été inaugurée il y a six ans avec une première convention signée en 2003.  Pendant toutes ces années, nous avons appris à travailler avec cette Ecole. On apu penser qu'il y avait une sorte de contradiction entre l'émergence des écoles de la deuxième chance et l'Education nationale. Cette dernière  a pu avoir le sentiment, surtout à Marseille qui a accueilli la première E2C en France, qu'au fond la naissance de ces écoles étaient la marque de son échec. Elle pouvait avoir l'impression que la mission de ces E2C était de réussir là où elle avait échoué avec ces jeunes sortis du système sans qualification, parfois depuis longtemps, au moins depuis un an. L'intérêt de ce qui s'est passé depuis quelques années est de montrer qu'il faut voir les choses de façon différente. D'une façon permettant à l'Education nationale de remplir sa mission au plus près, de se rapprocher le plus possible des objectifs qui lui sont assignés. La loi d'orientation de 1989, et celle de 2005 insistent sur la nécessité de tout faire pour éviter les sorties sans qualification reconnues notamment  Mais en même temps l'Ecole ne doit pas ignorer voire parfois combattre des dispositifs qui tenteraient d'apporter des solutions là où nous avons échoué. Elle doit définir des complémentarités, des modes de collaboration voire d'inspiration sur la façon de travailler. Nous souhaitons dans l'Académie aller toujours plus avant dans cette direction. Le chantier est immense, et le défi à s'adresse à tous, l'Education nationale, la E2C, la Région avec ses ETAPS et d'autres dispositifs encore dans les missions locales par exemple. Tout est mis en oeuvre pour combattre ce fléau, très important dans la Région, à savoir tous ces jeunes  qui se retrouvent sans qualification reconnue, sans ce passeport  leur permettant d'avoir des perspectives professionnelles.  Le sens de cette convention est d'unir nos efforts et de réfléchir aux moyens d'extension pour faire disparaitre de la région cette population. Nous serons sans doute conduits à faire évoluer cette convention dans le cadre de projets spécifiques".

Jean-Louis Reiffers, président de l'Ecole de la deuxième chance

"Nous sommes en discussion avec la Région mais sans aucune forme de blocage. Ce que l'on aimerait bien, c'est que l'Education nationale s'implique dans l'E2C. Mais il y a urgence, je ne vois pas comment on va pouvoir traiter le problème des 130 000 sorties sans qualification sans travailler de manière beaucoup plus proche avec l'Education nationale. Il ne faut pas faire d'idéologie (...) Nous ne sommes pas sur la même pédagogie, il y aura toujours besoin de dispositifs E2C (...) Nous estimons à 4000 le nombre de sorties dans le département par an, 30% s'en sortent tout seuls, 10% n'ont pas envie de s'en sortir, le problème sur Marseille porte sur 1000-1500, à l'Ecole E2C, nous prenons en charge 500 actuellement. L'idée que nous avons est de travailler en réseau, on ouvre un trentaine de salles dans la région, surtout autour de Marseille. Mais ce qu'il faut, c'est que ces jeunes ne reviennent pas dans un dispositif de formation, s'ils n'ont pas le statut de stagiaire de formation professionnelle. C'est là où est la difficulté. Nous avons fait l'expérience dans 4 salles dont une à Istres ou aux Flamants, nous avons les mêmes résultats qu'à l'école de Marseille, cela baisse en plus le coût unitaire de chaque élève, des cars les assurent le transport, deux accompagnateurs leur apprennent le même socle de base et il sviennent à l'école de Saint-Louis qui serait tête de réseau pour qu'on leur trouve de stages, des emplois et qu'on règle les problèmes périphériques. Nous avons réfléchi à cette solution et c'est ainsi qu'avec le recteur nous avons proposé que trois ou quatre lycées servent de centres d'expérimentation".

Notes: (Source: dossier de presse) Première E2C créée en Europe, l'Ecole de la deuxième chace de Marseille a reçu plus de 3300 stagiaires depuis dix ans avec un taux de sorties positives de l'ordre de 60%. Aujourd'hui, elle fonctionne avec quatre localisations et a suivi près de 600 jeunes de 18 à 25 ans pendant l'année 2008. Pendant son pacours en alternance à l'Ecole, chaque stagiaire bénéficie d'un accompagnement individualisé et renforcé. L'action de l'E2C est construite avec les entreprises (plus de 2000 début 2009), son action pédagogique est concentrée sur la remise à niveau des compétences fondamentales: savoir lire, écrire, compter, raisonner, maîtriser l'outil informatique (...) La pédagogie est totalement individualisée. L'action de l'E2C intègre aussi les problèmes périphériques (logement, santé, accès aux soins)

 Josiane Dragoni, secrétaire générale régionale de la FSU

"A la FSU, nous avons toujours dit que l'E2C est un dispositif vitrine, qui n'est pas une solution à la réussite de tous ces jeunes. Une solution hors service public est proposée là au lieu de mettre en place des processus variés, divers, à l'intérieur de l'Education nationale, par exemple de nos Greta, qui sont les organismes de formation destinés entre autres à ce genre de population. On propose un dispositif extérieur qui utilise les moyens de l'Education nationale, dans les lycées, alors même que l'Education nationale se décharge sur les Régions de ces publics qui sont sans formation initiale. Nous étions en comité de coordination coprésidé par la Région et le préfet (Ndlr par le truchement du Sagr) sur le sujet lundi. L'élu en charge dans la Région a affirmé que le dispositif pour ces jeunes descolarisés et l'E2C coûtait quatre fois. Mais alors mettons cet argent dans des dispositifs de service public d'Etat. Les partenaires sociaux, en janvier, ont signé un accord interprofessionnel sur la fromation professionnelle, le projet de loi est sur les bureaux de l'ssemblée nationale, il est en retard, il passera en juillet ou en septembre. Dans cet accord, lers partenaires avaient négocié le droit à la formation différée pris en charge par l'Etat, c'est à dire un jeune qui était sorti du système scolaire pouvait avoir une formation ulétrieure prise en charge par l'Etat. Mais ce passage a été enlevé du projet de loi.

 

 

Liens

Discours du président Sarkozy

http://www.elysee.fr/documents/index.php?mode=cview&cat_id=7&press_id=2723&lang=fr (voir paragraphe page 8)

 Rappel du contexte

http://www.lesechos.fr/info/france/4878625--les-ecoles-de-la-deuxieme-chance-de-nouveau-vantees.htm

 
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