Rencontres de Vallon des Pins PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par wallez   

Une vitrine, un miroir pour le dispositif Ambition réussite

LES FAITS - Les Premières Rencontres de Vallon des Pins, tenues jeudi 18 juin, ont pour objectif de valoriser les réalisations et les réussites des élèves d'une dizaine d'établissements, primaire, collège, lycée, du bassin Marseille-Littoral nord tous classés en éducation prioritaire ou Ambition réussite.L'idée sous-jacente était de présenter une vitrine aux élèves de ces établissements catalogués difficiles afin de leur inspirer l'envie de progresser.  

L'occasion se présente ainsi de faire un tour d'horizon des informations, rapports, opinions sur les Ambition Réussite mis en place par Gilles de Robien, ministre de l'Education du gouvernement Villepin et qui concerne actuellement 32 réseaux das l'académie Aix-Marseille. Il s'agissait en 2006 à l'époque d'un redéploiement, terminologie officielle, appauvrissement selon certains syndicats de la politique d'éducation prioritaire. Des professeurs supplémentaires et des assistants d'éducation étaient mis à la disposition de ces collèges, une bataille s'engageait sur le profil de ces professeurs, on peut se demande si une stabilité est atteinte nécessaire à l'émergence d'une autre prédagogie, souhaitée par Xavier Darcos et qui de passage à
Marseille le 19 juin a dit quelques mots sur le dispositif. "Donner plus à ceux qui  ont besoin de plus" le slogan de 2006 faisait un peu peur aux enseignants, d'autant qu'une catégorie d'établissements, nommés alors EP3, devait sortir de la carte éducation prioritaire dans un rééquilibrage de moyens. Il n'en a rien été mais plusieurs syndicats, dont la CFDT qui a demandé audience au recteur de Gaudemar, souhaitent une nouvelle carte ZEP au coté du maillage Ambition réussite (voir article sur la même page d'accueil)

Après un bilan à mi-parcours l'an passé, il s'agira en 2010 de jauger définitivement - avant élaboration d'autres - ces contrats qui encadrent  le dispositif Ambition Réussite depuis 2006. L'an passé, au cours d'un séminaire national, qui faisait suite à un rendez-vous académique à Marseille, le ministre avait déclaré l'état d'urgence, estimant que les établissements devaient innover davantage. De passage Comment jauger les progrès ? L'académie  travaille sur un outil d'évaluation à partir de taux recensés, taux de succès au diplôme national du brevet, taux d'enfants  lecteurs entre autres. Le principal de Vallon des Pins, lui, attribue au cadre Ambition réussite la progression du taux de succès au brevet, de 46% à 70% en trois ans. L'enjeu de l'opération est vital: éviter un enseignement à deux vitesses, avec un fossé, surtout à Marseille et dans quelques autres poches,  qui pourrait éventuellement se creuser.

Cartographie

http://www.ac-aix-marseille.fr/public/download/2083/Atlas0809_A2.pdf (pages 40 et 41)

Bilan

http://www.zeprep.ac-aix-marseille.fr/spip/spip.php?article165

 

 

 Contenu

1. L'évènement - Vallon des Pins, les Rencontres, considérations sur l'impact Ambition Réussite, annexes

2. Le dossier du dispositif Ambition Réussite, divers liens

3. Interview du recteur de Gaudemar

4. Réaction du ministre Xavier Darcos lors de son passage à Marseille le vendredi 19 juin

5. Prix d'excellence et expulsée au nom de la loi ? Portrait d'une élève de Vallon des Pins

6 . Les analyses des syndicats d'enseignants sur certains dispositifs des AR, en particulier l'accompagnemet éducatif (datent de 2008)

1. L'évènement

"Les réussites des uns peuvent donner des bonnes idées aux autres"

Pour Jean-Luc Viala, principal du collège Vallon des Pins, l'idée d'organiser les Premières Recontres s'est imposée comme une évidence. "On parle souvent des établissements des quartiers nord, en pointant les incidents et les incivilités. Notre but est de montrer qu'il y a beaucopup  de réussites, mais on n'en parle jamais. Les autres établissements du bassin présenteront des stands de leurs réalisations; mais nous avons décidé que seuls les élèves du collège Vallon des Pins ayant obtenu trois fois les félicitations cette année recevront un prix d'excellence, ils sont 37".

Beaucoup ont vu un grand nombre de symboles dans cette cérémonie. "C'est sympa" sourit une maman. Les parents étaient nombreux, le recteur y voit un facteur capital de réussite (lire interview)? Certains étaient  descendus des hauteurs de la Savine proche. Brassages garantis. Ce bassin rassemble un grand nombre de nationalités d'origine. Un youyou du Maghreb a ponctué la remise d'un diplôme à une teenager avec son fan club.

Au delà de la cérémonie ambiance remise des prix, c'est le travail de toute l'année qui intéresse  le principal. "En trois ans , nous sommes passés de 46% de  taux de réussite au brevet à 70%, c'est un indicateur qui ne fait pas recette, parce qu'on n'en parle pas, mais c'est un taux, de mon point devue, plus qu'honorable.  C'est clairement un effet du cadre Ambition réussite".

Il a répondu à l'appel d'innovation du ministre le 18 mars 2008, en développant ou en renforcant des actions qu'il qualifie "d'intéressantes."Nous avons des sections particulières, UPI pour élèves autistes, une classe relais et on va ouvrir cette année une classe de découverte 6 heures avec 10 élèves. Parce que le redoublement n'est pas un outil de réussite, nous avons mis en place un dispositif Aide et Soutien. Les élèves ne redoublent pas,  mais ont une pédagogie un peu différenciée dans ces ateliers et on prend des élèves à part sur un contrat (Ndlr style PPRE, programme personnalisé de réussite éducative avec contrat signé avec l'enfant et les parents).

Dernier dispositif , poursuit le principal, "nous avons créé des classes couleur, en 6e cela permet d'amortir la rupture entre le premier et collège, avec la perte de l'identité classe. Nous avons donc des groupes qui suivent un enseignement commun sur toute l'année avec une dominante. Les élèves sont intégrés en fonction de leur motivation et goût pour la discipline dominante, art, musique, sport, anglais italien, technologie et sciences"

Les établissements concernés

Collèges Vallon des Pins, Elsa Triolet, Jean Moulin
• SEGPA du collège Jean Moulin
• Lycées La Floride, La Viste, la Calade, Saint-Exupéry
• Ecoles La Savine 1 et 2, La Solidarité, Palanque, Vallon des Tuves

2. Le dossier  des liens

2006, lancement

http://www.ac-aix-marseille.fr/public/jsp/site/Portal.jsp?portlet_id=1121&article_id=719 

LE DOSSIER

http://www.provenceducation.com/index.php?option=com_content&view=category&id=46&Itemid=60&e7140778d80b879bd43e41bf1735f7b7=5869d4a1281064f4ee67142a1d9159e2

SEMINAIRE 2009

http://blogs-laprovence.capmedia.fr/admin/post.php?id=3902

http://blogs-laprovence.capmedia.fr/admin/post.php?id=3887

3. Le recteur  Jean-Paul de Gaudemar: "Les réseaux Ambition Réussite constituent  une forme de laboratoire "   

- La cérémonie de remise des Prix d' excellence a pour but de valoriser les meilleurs afin qu'ils servent d'exemple. Mais où en est le niveau moyen des élèves dans les collèges Ambition réussite de l'académie trois ans après le lancement de ce dispositif ?

JP de Gaudemar - Si nous faisons ce genre de cérémonie, et je suis très heureux que ce soit une initiative prise par le collège  Vallon des Pins,  c'est parce qu'il est normal de saluer le travail des meilleurs élèves,  dans la mesure où ils méritent d'être récompensés, mais aussi parce que cela peut être une façon de tirer l'ensemble des élèves vers le haut. La réussite, quand elle est saluée,  peut donner envie à d'autres élèves de suivre le même chemin. C'est féliciter la réussite sous toutes ses formes, scolaire au sens strict, comme aujourd'hui avec ces Pirx d'excellence décernés à ceux qui auront été félicités aux trois trimestres, mais on peut imaginer qu'on y ajoute d'autres élèves réussissant dans des domainesdivers, culturels, sportifs, etc....C'est montrer comment cette réussite des uns peut entraîner tous les autres. Et il se trouve que dans ce collège un travail important a été engagé, et qui commence à donner ses premiers résultats, notamment sur les taux de réussite au brevet, qui est quand même un indicateur intéressant du niveau qu'atteignent les élèves. Cette progression correspond aux objectifs définis dans le cadre du contrat Ambition réussite. C'est un chaine de réussite qui part des écoles qui sont associées à ce collège, et qui se poursuit au collège. Nous sommes tout particulièrement attachés à suivre les résultats de ce réseau qui a été évalué à mi-parcours. Les premiers constats sont extrêmement encourageants, nous verrons l'année prochaine ce qu'il en est de la réalisation complète des objectifs; Cela nous permettra de faire un bilan, de voir où le collège a progressé, les domaines où c'est moins probant et de se fixer de nouveaux objectifs pour le collège et pour le réseau. C'est une démarche qui est soucieuse d'être réaliste, il n'est pas question de se donner des objectifs extravangants, simplement ambitieux. Il faut être d'autant plus ambitieux  que la réussite n'est pas donnée facilement à ces élèves, la grande majorité vient  de milieux  défavorisés, ils n'ont pas la chance de vivre dans un environnement  qui leur facilite les choses. J'observe avec beaucoup de satisfaction que les parents sont là, leur  rôle est important pour stimuler les enfants, leur démontrer qu'ils sont attentifs à leurs résultats, trop d'enfants sont livrés à eux-mêmes, ils ont le sentiment qu'ils font à l'école n'intéresse pas leurs parents. A l'âge critique de l'adolescence, ce comportement peut détourner des enfants  du chemin de la réussite.

 

L'école des parents, le ministre le rappelait dans une circulaire récente, est un dispositif expérimental, visant à rapprocher une certaine catégorie de parents de l'institution scolaire. Où en est-on dan,s l'Académie Aix-Marseille après la signature d'une convention l'an passé et la désignation de trois établissements dans les Bouches-du-Rhône ?

(1)  http://www.provenceducation.com/index.php?option=com_content&view=category&id=43&Itemid=57

JPdeG - On est bien dans une démarche expérimentale, on va voir ce que cela peut donner. Mais il ne faut pas croire que le travail avec et sur les parents doit se limiter à ces établissements expérimentaux, c'est une démarche qui doit être générale. Si on n'a pas les parents avec nous, si'ils ne sont pas intéressés à la réussite de leurs enfants, c'est un facteur positif qui disparait, cela devient plus difficile les enfants. C'est un rappel que je fais sans arrêt aux parents qui seraient tentés de se désintéresser  de leur scolarité ou d'être encore trop peut-être dans des souvenirs de l'école désagréables pour eux. Il est extrêmement important qu'ils accompagnent leurs enfants, il n'est pasbesoin d'être très instruit pour cela, il faut simplement montrer aux enfants que leur réussite importe. Quand on a des parents qui jouent ce rôle, c'est beaucoup plus facile.

L'an passé, à l'heure de faire un premier bilan du dispositif Ambition réussite, le ministre (2) demandait aux établissements d'être plus novateurs et de se saisir de l'article 34 qui autorise l'expérimentation. A-t-on suivi cette consigne sur Aix-Marseille ?

JPdeG- Oui, bien sûr, nous avons beaucoup d'expériences encourageantes, mais j'ai envie de dire  qu'avant de se référer à l'article 34 qui est réservé à des expérimentations très originales,  simplement faire ce que nous avons à faire en collège, cela reste le coeur de notre métier et de notre mission. Que l'on innove, que l'on recherche des sentiers un peu lmoins fréquentés, l'imporant est qu'ils soient adaptés aux enfants que l'on accueille. La clef, c'est l'engagement des enseignants,la conviction de leur rôle, le dévouement avec lequel ils accomplissent leur tâche, la passion qu'ils apportent et je dirai que c'est d'abord à cela que les enfants sont terriblement sensibles.  Dès qu'un élève a en face de lui un enseignant qui se soucie de lui, qui visiblement aime son métier, l'essentiel du chemin est fait.*

Y a t il désormais une stabilité des professeurs référents, statut des enseignants Ambition réussite, après des débuts marqués par des abandons et demandes de mutations ?

 JPdeG - On ne peut  imposer un poste, mais je vois avec plaisir qu'il existe une certaine stabilité par rapport au début des collèges Ambitions Réussite. Régnait alors un certaine perplexité,  certains collègues n'étaient pas certains  de vouloir s'engager pour très longtemps. Je vois que la grande majorité a confirmé son choix,  et a souhaitéêtre stabilisé,  nous les avons stabilisés quand cela était possible. Cet engagement est  la promesse que nous allons travailler ensemble, parcourir du chemin et mesurer de façon peut-être plus fiable ce chemin parcouru.

http://www.education.gouv.fr/cid21130/l-action-pedagogique-dans-les-reseaux-ambition-reussite.html

La liaison entre le premier et second degré, entre deux cultures différentes, est-ce là qu'existe la marge de progression la plus importante ?

JPdeG -  C'est un élément du progrès à accomplir. L'avantage du réseau AR est  de développer des liens tout à fait inédits. Avant, la coopération entre le collège et l'école était une notion un peu abstraite. Elle devient plus concrète  grâce aux réseaux, aux rencontres plus fréquentes, entre enseignants et entre élèves. Ceux du primaire  apprenent  ainsi ce qu'est le collège, ils peuvent ainsi s'y préparer. Ce sont des choses simples qui sont mises en oeuvre, découvrir les lieux, rencontrer les professeurs, et se projeter dans cet avenir du collège. Les professeurs, en particulier ceux qui exercent en 6e,  connaissent mieux les élèves grâce aux enseignants du primaire. Cela permet de nouer un lien qui est bien meilleur. Les Ambition Réussite constituent en quelque sorte un laboratoire de ce que l'on aimerait exporter parout ailleurs. Ce n'est  pas la première fois que ce type d'établissement jouerait ce rôle d'expérimentation non seulement à son propre profit mais aussi au profit d'autresétablissements.

LE DOSSIER

http://www.provenceducation.com/index.php?option=com_content&view=category&id=46&Itemid=60&e7140778d80b879bd43e41bf1735f7b7=5869d4a1281064f4ee67142a1d9159e2

 4. Xavier Darcos, de passage à Marseille le vendredi 19

" Certaines villes, comme Marseille, se sont beaucoup engagées, et nous disent que les choses avancent bien avec des projets innovants,  des formes diverses de soutien, dégagement d'heures pour apporter aux élèves des services nouveaux, ouverture sur le monde extérieur, entrée de la culture. D'une manière générale, le travail conduit par mon ministère depuis deux ans consiste à proposer des services nouveaux aux élèves en difficulté. Nous devons apporter des solutions gratuites, pour qu'ils ne soient pas obligés d'aller dans uneofficine privée ou d'attendre un secours de leurs  parenst s'ils ont la chance qu'ils puissent le faire . Voilà pourquoi nous proposons l'accompagnement éducatif au collègedans tous les établissemnts, actuellement il y a près de 30% qui le suivent et plus de 50% dans les collèges Ambition réussite. Voilà pourquoi nous faisons pour les écoles qui sont en Education prioritaire des stages de remise à niveau qui  marchent formidablement, des stages d'anglais, l'Ecole ouverte à partir de juillet, des cours supplémentaires dans certains lycées avant larentrée, bref, l'idée est que l'école soit le recours gratuit et bien entendu plus spécialement dans les collèges Ambition Réussite".

5. Esmira  Hasanova, Prix spécial du jury, expulsée au nom de la loi ?

 Totalement non francophone en septembre 2008, lors de son arrivée en France, en provenance d'Azerbaïdjan, Esmira, 14 ans, a obtenu les félicitations à l'issue des deux derniers trimestres. Mais, selon l'assistante sociale du collège,  la demande d'asile politique déposée par la famille a été rejetée en première instance et en recours.

Martine, professeur de français, a un sourire de tendresse "des cahiers illustrés, tenus avec un soin exemplaire. Esmira est très investie dans sa scolarité". Scolarisée en 6e, Esmira, au moment de son arrivée en France en septembre 2008, avec le statut d'Elève nouvellement arrivé en France (ENAF) était totalement non francophone. Elle est désormais scolarisée dans une classe normale avec un renforcement en Français langue étrangère.  "C'est ma matière préférée, je voudrais savoir tous les mots"  assène-t-elle, déterminée, derrière une timidité d'apparence. .  Phénomène de compensation ? Pendant un an avant de quitter son pays, elle n'est pas allée à l'école,  "Je n'étais pas heureuse, aujourd'hui je le suis". Elle  a obtenu les félicitations à l'issue de deux trimestres. ". Le recteur de Gaudemar lui a remis un Prix spécial, "à défaut du prix d'excellence puisque seuls l'obtiennent les élèves ayant été félicités à chaque fin des trois trimestres"

L'histoire va-t-elle s'arrêter au nom de la loi ? Agnès Saunier, assistante sociale du collège, explique après avoir demandé l'autorisation à la maman. "La demande d'asile politique déposée par la famille a été rejetée par l'OFRAP et par la cour nationale du droit d'asile (1). Une association, la Cilmade et son avocat, travaillent sur le dossier de réexamen. La situation est précaire au sens où il se peut qu'il n'y ait plus rien sous peu, plus rien à manger, plus de toit. Le papa avait un magasin de leubles au pays, il a trouvé un travail en France. La famille a vécu des choses très difficieles au pays et ne souhaite pas repartir".

Martine, l'enseignante, demande à exprimer sa position. "Nous n'avons certes pas une connaissance précise du dossier, mais quand on est obligé de quitter son pays et une situation sociale très correcte, c'est qu'on ne peut pas faire autrement à mon sens.(...) . Quand je vois une petite fille comme  Esmira et ses parents qui s'investissent en France, après avoir vécu un an en cladestinité, quand je mesure l'immense  chantier  de l'apprentissage d'une langue nouvelle, sachant que le retour au pays peut être un danger, j'espère qu'on arrivera à les aider.  Pour nous, que cette famille quitte la France est pratiquement une perte, parce qu'elle pourrait s'intégrer vite et constituer un apport pour notre pays".

 (1) La Cour nationale du droit d'asile est la juridiction administrative compétente en France, pour examiner les recours formés contre les décisions prises par l'Office de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) portant sur les demandes d'asile (source Ministère)

Annexe

6.  Les différentes positions (2008)

Vincent VALERY, IA-IPR en charge du dossier éducation prioritaire au Rectorat de l’Académie Aix-Marseille.

« On a cette année 32 réseaux avec l’arrivée du collège Jean-Claude Izzo (Marseille), les trois établissements privés et la labellisation deux lycées professionnels, Colbert et Le Chatelier. Il y a environ 120 professeurs référents dans l’Académie et cette année 4 d’entre eux ont obtenu une mutation, ce qui semble confirmer une relative stabilité. On pouvait se poser des questions lors de la première année, le corps enseignant ne  connaissait pas trop les tenants et les aboutissants, à la rentrée dernière, il y a eu des professeurs qui ont été affectés, sans l’avoir demandé. Mais ces gens là restent, cela veut dire qu’ils se sont appropriés le projet ».
«  Le choix des deux lycées est dans la lignée des consignes  données pour l’intégration du réseau Ambition Réussite, ces deux établissements professionnels ont été choisis par le recteur en fonction de la qualité du projet pédagogique. Ils bénéficieront d’un assistant pédagogique chacun, d’heures d’enseignement pour soutenir les projets pédagogiques, tout a été contractualisé, et ces moyens seront examinés annuellement. Il n’y a pas de professeur référent, c’est une différence avec le projet collèges ».
« Je ne peux m’avancer trop, le recteur va annoncer des dispositifs concernant l’accompagnement éducatif lors de la conférence de presse. On sait qu’on va centrer sur les collèges Ambition réussite et notamment au niveau 6e, avec possibilité d’étendre à l’ensemble de l’éducation prioritaire pour l’année suivante. Il existe déjà des dispositifs de ce type depuis au moins un an dans ces établissements, ce sera un renforcement. Recenser les enseignants volontaires sera une des premières missions que l’on va se donner pour un diagnostic précis, voir les difficultés scolaires sur lesquelles on va se concentrer. « 

Sadry GUITA, SE-Unsa

« On ne peut pas être hostiles aux projets de soutien, d’activités culturelles et sportives. Mais le problème des derniers gouvernements est le fait qu’il y a un écart entre l’annonce théorique des projets, des effets d’annonce et la réalité sur le terrain. Il y aura 5000 postes en moins, beaucoup de spécialités vont disparaître. Aider ceux qui ont le moins figure dans nos projets depuis fort longtemps, au SE, nous n’avons jamais été contre le redéploiement des horaires des élèves, revoir le travail sur les vacances, pourquoi pas, il n’y a aucun sujet tabou. On ne peut pas annoncer des innovations de ce type avec des moyens constants voire moindres, ce n’est pas possible. « 
«  Au Syndicat des enseignants, nous sommes contre les heures supplémentaires imposées, tant que le collègue accepte d’en faire, nous n’avons rien à dire. Mais en tant que syndicat nous sommes hostiles au principe même des heures supplémentaires, la question qu’il faut poser serait plutôt : pourquoi les enseignants doivent-ils faire des heures supplémentaires ? Parce qu’en dix ans le pouvoir d’achat a pratiquement disparu, nos salaires ne sont pas à la mesure de ce que l’on fait. « 
« Les intervenants extérieurs nous gênent dans la  mesure où on ne sait pas ce que le ministère entend par ce terme. Est-ce qu’il s’agira d’étudiants avec bac + 1 ou +2 ? S’aventurer à devenir enseignant d’élèves en difficulté n’est pas une mince affaire, même pour les professeurs formés. Il faut plutôt des professeurs chevronnés, avec une certaine pédagogie. Le danger est que cela devienne de la garderie qui coûterait cher au contribuable. Ces heures supplémentaires seront payées plein pot. Même dans le cadre des interventions sportives et culturelles, il peut y avoir de vrais professionnels comme  dans les écoles primaires à Paris ou des gens moins pointus »


Gilbert TOMASI (Snes) 

« Nous avons trois points dans notre argumentaire. Le premier est qu’effectivement , cette école après l’école correspond à un besoin. L’intention, la volonté d’agir est louable, nous ne pouvons écarter d’un revers de main ce qui est mis en route. Ce qui pose problème, ce n’est donc pas le fond, mais la forme, la mise en œuvre, parce que, d’une part, le dispositif doit fonctionner à partir d’heures supplémentaires et, pour notre académie, on nous dit avoir reçu une dotation de 125 000 heures  sup. Le deuxième élément qui pose problème c’est le personnel qui va intervenir, des enseignants volontaires, mais aussi des assistants pédagogiques, des assistants d’éducation et des intervenants extérieurs. Ce qui est gênant, c’est que au moment où l’on envisage de supprimer des heures d’enseignement, ce qu’ont déclaré le président de la République et son ministre, on met en place un dispositif qui vient à la place, payé en heures supplémentaires et dans lequel on fait intervenir des non enseignants. Au Snes, on pense qu’on ne peut pas réduire l’enseignement au socle minimum et qu’en même temps on reporte sur les activités après l’école et avec des personnels non spécifiquement formés des heures que le ministère aurait enlevées du temps à l’école. Nous serons vigilants sur le dispositif, qui est bon sur le fond, certains élèves ont besoin de soutien, c’est bien que l’Education nationale s’en occupe plutôt que des boites privées, mais cela est fait d’une façon qui n’est pas satisfaisante. Cette première étape dans l’éducation prioritaire servira à rééquilibrer le fait  que ce sont les gamins les plus en difficulté qui n’ont pas accès à ce à quoi ils devraient avoir accès en priorité. Mais cela intervient dans un contexte de suppressions de postes ».

Christian CONNAULTE (Sgen-Cfdt)

«  Depuis des années, nous sommes contre les heures supplémentaires, il aurait fallu intégrer ce dispositif au service. Nous sommes pour la redéfinition du métier, même si le processus est mal engagé, pas de négociations, des effets d’annonce, ce gouvernement ne me semble pas favorable à la négociation »
« On ne peut être que d’accord a priori pour que les élèves soient accueillis, en particulier ceux qui peuvent avoir des difficultés à faire les devoirs à la maison. Mais cette annonce est faite au moment où l’on supprime pas mal de postes, collèges-lycées, cela fait  8770 postes pour 2008, auxquels on peut ajouter les postes aux concours qui diminuent. « 
« Il faut savoir que ce type d’activités existent déjà dans les collèges Ambition réussite, même si les noms sont différents, c’est donc un peu de l’esbroufe. Si c’est étendu aux autres collèges éducation prioritaire voire à l’ensemble, des choses se font également à ce niveau. Au collège Rimbaud de Marseille, classé Ambition réussite, il y a sept assistants pédagogiques dont trois font déjà des aides aux devoirs. Le sport, le théâtre se font entre midi et deux, depuis longtemps, par l’intermédiaire du foyer. Finalement, il n’y a pas grand chose de nouveau, sinon que l’on va faire appel à des enseignants en heures supplémentaires. Travailler plus pour gagner plus »
« Sur l’idée, on ne peut qu’être d’accord, mais on aurait préféré que cela soit fait en concertation, avec du travail en équipe. Nous sommes totalement pour l’ouverture de l’école vers l’extérieur, mais dans des conditions cadrées, faisant partie des projets éducatifs. Dans les quartiers de Marseille, il faut savoir que les populations aiment mieux que l’aide aux devoirs soit dispensé par l’association du quartier, parce que sortir à 18h, en plein hiver, du collège, vous vous imaginez. Les parents préfèrent que cela se passe dans le quartier.

Jacques MILLE (Siaes).

« Un point important sera la qualité du recrutement des assistants pédagogiques par les chefs d’établissement, certains le front de façon compétente, d’autres moins. Cela peut devenir n’importe quoi, du bricolage, on peut même imaginer que certains vont recruter des grands frères qui feront de l’assistance, peut-être davantage s’amuser avec les gamins que de faire de la remise à niveau ».
« De plus en plus, nous pensons que, si le secondaire fonctionne malgré tout, le primaire ne donne pas de résultats très visibles et patents. Mettre en place des Programmes personnalisés de réussite éducative, cela donne l’image d’un gouvernement qui fait quelque chose pour les élèves en difficulté, alors qu’il ne devrait y en avoir que très peu  si l’école primaire avait bien posé les bases des savoirs fondamentaux, ce qui n’est pas le cas. Le rapport du Haut conseil à l’éducation ne nous a pas surpris. Cet accompagnement éducatif est un palliatif qui va coûter très cher »
« On constate qu’il y a une politique affirmée de mettre en place dans le primaire un socle, pour reprendre l’expression utilisé par la loi, avec un contrôle des connaissances. Cela devrait porter des fruits, mais à une échéance de quinze ou vingt ans

 

 
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