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Les critiques de parents, enseignants et chefs d'établissement
LES FAITS - Selon la communication officielle du ministère et du rectorat, "jusqu'à la session 2007, l'organisation des épreuves du baccalauréat conduisait, à écourter de près d'un mois la scolarité des lycéens. Cette situation n'est satisfaisante ni pour les lycéens qui perdent un mois de scolarité, ni pour les enseignants devant assurer la gestion des programmes conçus sur dix mois, en neuf mois seulement. C'est pourquoi le ministère de l'Education nationale s'est engagé l'année dernière en faveur d'un dispositif qui permette une autre gestion du temps scolaire". Il a été expérimenté l'an passé en particulier dans le département de Vaucluse. Selon le Rectorat, "L'expérimentation conduite en 2008 dans le Vaucluse a été très positive pour les élèves et les enseignants. C'est donc en toute confiance que l'académie aborde la généralisation de ces dispositifs en 2009.".
Des enseignants, des parents d'élèves, des chefs d'établissement ont une vision parfois radicalement différente. Tour d'horizon, communiqués, interview de Alain Vernet, secrétaire académique du syndicat majoritaire des chefs d'établissement.
Contenu
1. Textes officiels sur la reconquête du mois de juin
2. Réactions
FCPE
Snes
SNPDEN syndicats des chefs d'établissements, interview de Alain Vernet, secrétaire académique Aix-Marseille
Autres
1. Textes officiels
A - Extrait du dossier de presse du Rectorat de l'Académie Aix-Marseille
"Une nouvelle gestion du temps a été expérimentée dès le mois de juin 2008 dans les académies d'Amiens, Besançon, Dijon, Rouen, ainsi que les départements de la Lozère et de Vaucluse, pour les épreuves du baccalauréat général et technologique : la poursuite des cours dans les établissements centres d'examen du baccalauréat sera assurée pour les classes de seconde. En 2008, ces modalités ont permis à près de 55 000 lycéens de seconde un gain effectif de 2 à 3 semaines de cours. Cette année, il s'agit de généraliser cette reconquête à 'ensemble du pays en s'appuyant sur trois mesures principales. - La première mesure consiste à reculer le plus possible le calendrier des épreuves du bac. Avant, les épreuves démarraient vers le 10 ou 11 juin. Désormais, elles démarrent le 18 juin. - La seconde mesure consiste également à reculer au maximum le calendrier de l'orientation, notammentcelui des conseils de classe, de manière à ce que leur tenue ne tende pas à démobiliser très tôt les élèves (tant en collège qu'en lycée) ni par là-même encourager l'absentéisme de fin d'année. - La troisième mesure concerne de nouvelles modalités d'organisation du baccalauréat (accroissement du nombre de centres d'épreuves et de viviers de correcteurs, optimisation de l'utilisation des locaux). Tous les examens sont maintenus dans les établissements scolaires eux-mêmes, afin de sécuriser au mieux leur déroulement. Ces nouvelles modalités permettent la poursuite des enseignements, notamment pour les élèves de seconde, pendant trois semaines du mois de juin. L'expérimentation conduite en 2008 dans le Vaucluse a été très positive pour les élèves et les enseignants. C'est donc en toute confiance que l'académie aborde la généralisation de ces dispositifs en 2009."
Communication du ministère
http://www.education.gouv.fr/cid23441/bac-2009-xavier-darcos-generalise-la-reconquete-du-mois-de-juin.html
2. Les réactions
Pour la FCPE, première organisation de parents d'élèves, qui revendique 1,6 million de voix lors des dernières élections de représentants de parents délèves fin 2008, les incidences indirectes sont importantes. Communiqué
Conseils de classes : les parents sont conviés... sur leur temps de travail ! - 12 juin 2009 :
Quels avantages à une reconquête du mois de juin si les professeurs ne peuvent plus enseigner puisqu’ils se trouvent en réunion hors de leur classe, si les élèves qui ratent le baccalauréat n’ont plus le moyen d’organiser leur redoublement, si les parents d’élèves ne peuvent plus siéger dans les conseils de classe du troisième trimestre ?
Cette année, pour cause de "reconquête" du mois de juin, les parents, dans leur grande majorité, ne pourront être présents lors des conseils de classe du troisième trimestre. Ceux-ci sont pourtant particulièrement importants puisque s'y discute l'orientation, le passage ou le redoublement des élèves. Dans de nombreux établissements, pour pouvoir tenir les délais imposés par le ministère, les chefs d’établissement sont contraints d’organiser les conseils de classe sur quelques jours seulement, et donc d’en placer un grand nombre à toutes les heures du jour.
L’article D111-12 du code de l’éducation impose pourtant que les conseils de classe aient lieu à des heures compatibles avec les activités professionnelles des parents.
Mais une circulaire de janvier 2009 du ministère de l’Education nationale contraint les établissements à organiser les conseils de classe à partir du 15 juin et impose que la notification des décisions d'affection en lycée soit réalisée le 1er juillet. Entre ces deux dates, il aura fallu organiser les conseils de classe, prendre le temps de la concertation avec les familles en cas de désaccord sur l'orientation ou le redoublement et organiser les commissions d'appel. Ceci est matériellement impossible ! Le ministère a conduit une expérimentation l'année dernière dans plusieurs départements et connaissait les conséquences qu'entraîneraient ces mesures.
Dès janvier, d’ailleurs, la FCPE et le SNPDEN s’inquiétaient des dommages collatéraux constatés lors de cette expérimentation.
Quels avantages à une reconquête du mois de juin si les professeurs ne peuvent plus enseigner puisqu’ils se trouvent en réunion hors de leur classe, si les élèves qui ratent le baccalauréat n’ont plus le moyen d’organiser leur redoublement, si les parents d’élèves ne peuvent plus siéger dans les conseils de classe du troisième trimestre ?
Encore une fois, le refus obstiné de dialogue conduira à un beau gâchis, à réduire les droits des élèves et des parents et, finalement, à opposer parents, enseignants et chefs d’établissement.
La FCPE ne l'accepte pas !
2. Le SNPDEN est le syndicat des chefs d 'établissements. Il n'a pas émis de communiqué récent sur le sujet. En revanche, fin août 2008, après examen de l'expérimentation mise en place par le gouvenment, il avait exprimé des réserves quant à l'organisation du dispositif. Alin verne, secrétaire académique Aix-Marseille du syndicat, estime "très difficile la mise en place"
Cpmmuniqué d'août2008 - Le SNPDEN tire un premier bilan de la reconquête du mois de juin. L'expérience de « reconquête du mois de juin » dans les lycées dans plusieurs académies et départements est à apprécier de manière positive, mais le bilan est mitigé et des améliorations sont nécessaires. La première leçon est qu'il a été possible de faire bénéficier les lycéens des enseignements prévus jusqu'au 13, voire au 20 juin selon les cas, grâce à des mesures d'aménagement et à la mobilisation des personnels. La seconde leçon est que les contraintes de calendrier de fin d'année ne sont pas liées seulement au baccalauréat, mais aussi et surtout à l'ensemble des opérations prévues : autres examens, conseils de classe, orientation, affectation en seconde et dans les autres classes, préparation de la rentrée suivante et mouvements académiques des personnels enseignants. La troisième leçon est que, dans les conditions actuelles, sans simplification des examens et sans rationalisation des procédures d'orientation et d'affectation, il est apparu qu'au-delà du 13 juin les effets négatifs, retards et risques d'erreur se sont dangereusement multipliés. En-dehors des circonstances exceptionnelles qui ont permis la mobilisation des personnels de direction et particulièrement des proviseurs adjoints, pour mettre en place des solutions avec l'aide des services académiques, mais de manière parfois rocambolesque et avec des équipes administratives insuffisantes, la régularité des procédures et le service rendu au public auraient pu être gravement mis en cause. Les familles ne comprendraient pas, si l'on allait trop loin dans cette voie par excès de zèle, l'impossibilité de disposer, fin juin et avant les congés d'été, des informations concernant l'inscription de leurs enfants, ni le retour prévisible aux rentrées perturbées par les affectations tardives d'enseignants. De plus, les 4 académies et les 2 départements expérimentaux ne représentent qu'un peu plus de 10% du public scolaire concerné ; aucune des quatre ne figure dans les grosses académies, où ces difficultés sont encore plus difficiles à gérer. Le SNPDEN demande au ministère d'engager, à partir des leçons de l'expérimentation de juin 2008, des discussions concrètes et approfondies avec les représentants des personnels pour permettre que l'expérience ne s'arrête pas en chemin et que la fin de l'année scolaire, mais aussi la préparation de la rentrée, puissent se dérouler plus normalement.
Alain Vernet, secrétaire académique Aix-Marseille
" Au niveau académique, la concertation a existé, mais on se heurte à de gros problèmes dans la mise en place. En particulier, nous devons faire les conseils de classe en même temps et maintenir les élèves de seconde pendant les épreuves du bac. Le bac est le premier grade universitaire, les candidats vont devoir composer dans le bruit, les conditions ne seront pas idéales. Sur le principe, on peut comprendre la volonté du ministre que les enfants aillent le plus tard possible au lycée, mais on se heurte quand même à des difficultés qui s'avèrent très, très difficiles. Il faut que les chefs d'établissement recrutent des vacataires pour surveiller les épreuves, c'est une externalisation, on fait apel à du personnel hors Education nationale, alors que la surveillance incombe aux enseignants, c'est une prérogative de puissnce publique. Ce recrutement se fait à la va-vite, il faut que les épreuves se déroulent dans des conditions parfaites, tout ceci représente beaucoup de responsabilités pour les chefs d'établissement. Si surgissaient des difficultés, nous, en tant que chefs de centre, serions tenus pour responsables. C'est pour cette raison que nous sommes très soucieux de cette opération Reconquête du mois de juin, qui s'est menée, il faut le savoir, sans la moindre concertation au niveau national au niveau de son élaboration. Nous sommes une fois de plus dans l'annonce médiatique qui a régné toute l'année: ce sont les stages en anglais, numériquement faibles dans l'Académie mais dont le ministère dit qu'ils ont été larg ement suivis (1), c'est le dossier des portiques, c'est maintenant l'ouverture des lycées pendant les week-ends ou hors périodes scolaires. Nous avons des scoops régulièrement, nous, chefs d'établissement, sommes au coeur, il faudrait qu'on nous écoute quand on dit que ce n'est pas faisable. Il ne s'agit pas de dire Non tout, mais de mesurer la difficulté de mise en place. Et avec la reconquête du mois de juin , elle est très réelle".
3. Le Snes, syndicat majoritaire d'enseignants du second degré, a publié une lettre ouverte et fait circuler une pétition qui au 15 juin avait recueilli 1270 signatures. L'organisation affirme que le bilan de l'exérience n'était pas positif et que "de nombreux centres d'examen ont frôlé la catastrophe"
Le calendrier de fin d'année scolaire que vous proposez est intenable.
Pour le justifier, vous affichez un bilan globalement positif de l'expérimentation 2008, bilan qui ne correspond pas à la réalité constatée par les personnels et leurs représentants. Plusieurs centres d'examen ont d'ailleurs frôlé la catastrophe.
En dépit des protestations du SNES et des personnels en 2008, du vœu majoritaire du Conseil Supérieur de l'Education, ce calendrier n'a fait l'objet d'aucune discussion, et l'audience du 27 janvier 2009 à la DGESCO n'a apporté aucune réponse à nos questions. Nous avons le souci d'assurer un 3e trimestre plus équilibré pour les élèves mais vouloir concilier l'enseignement et la lourde tâche de correction des copies (qui exige temps et disponibilité), ne peut conduire qu'à une dégradation de l'un et de l'autre. C'est inacceptable. Il faut y renoncer et abandonner le projet de reconquête du mois de juin dont l'expérimentation a montré l'inefficacité.
En outre, les procédures d'orientation exigent également un calendrier plus respectueux des personnels, des élèves et des familles. Il faut le revoir et l'avancer.
C'est pourquoi :
dans l'intérêt des élèves qui ont droit à passer l'examen dans de bonnes conditions,
dans l'intérêt des candidats bénéficiant du tiers temps, qui ont besoin de temps de repos entre deux épreuves
dans l'intérêt des personnels (enseignants et non enseignants) dont les conditions de travail ne sauraient être dégradées davantage, nous demandons l'avancée du calendrier des épreuves du baccalauréat et de celles du brevet du collège.
Monsieur le Ministre, un éventuel refus conduirait à d'inévitables dysfonctionnements dont vous porteriez la responsabilité.
http://www.snes.edu/petitions/?petition=12
Un syndicat de l'enseignement privé rejette également ce dispositif
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