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Le SNUipp 13 délimite les premiers champs de bataille de la rentrée
LES FAITS - Le SNUipp des Bouches-du-Rhône, syndicat majoritaire des enseignants du premier degré, a tenu son Congrès les 2 et 3 juin au lycée Pasquet d'Arles. Le fil conducteur de "la difficulté scolaire et son traitement", thème développé en ateliers le mardi après-midi, a généré une synthèse. La cinquantaine de militants présents ont estimé majoritairement que l'aide personnalisée et les stages de remise à niveau, dispositifs de remédiation mis en place progressivement par le ministère à partir de février 2008, "n'apportaient pas une réponse". En revanche, le syndicat a "exigé le rétablissement des 3000 postes d'enseignants RASED supprimés et le développement d'un dispositif dont la disparition est programmée (...) alors que ses effets n'ont jamais été véritablement évalués". L'organisation prône également "l'extension du dispositif du maître supplémentaire dans les classes", expérimenté en concertation avec l'inspection académique sur une cinquantaine de postes dans les Bouches-du-Rhône, spécifique à dix départements en France (dont également le Vaucluse). Enfin, il est, entre autres, demandé que la carte des Zep datant de 1997 soit redessinée.
Certaines de ces revendications se retrouvent dans l'autre synthèse adoptée par le Congrès, dit "texte action", délimitant les premières batailles que le syndicat entend livrer ou poursuivre à la rentrée: entre autres abrogation du SMA, refus de la suppression des postes dans le budget 2010 (2),rejet des décrets sur la formation (masterisation).
Le processus d'élaboration de ce document a montré qu'il existe un débat interne sur l'analyse des actions menées au cours de la présente année scolaire. Une phrase a été rajoutée avant adoption. "Les grèves et manifestations ont montré les limites des journées d'action dispersées dans le temps", sans autre précision sur les alternatives. Si le rejet de l'aide personnalisée fait consensus, le syndicat a repoussé à une date ultérieure la définition d'une position commune sur le dispositif de remplacement qu'il entend promouvoir et appelle le ministre à lancer une réflexion sur le sujet avec tous les partenaires de la communauté éducative.
Le SNUipp 13 a fixé deux rendez-vous d'urgence: la journée nationale d'action du 13 juin et le combat à mener avec certains précaires, surtout les Emplois de vie scolaire (EVS), dont 50% seront remplacés fin juin à l'issue de trois ans de contrat (1). Interview de Christophe Doré secrétaire général et publication des deux textes.
(1) Lire article précédent sur le sujet
http://www.provenceducation.com/index.php?option=com_content&view=article&id=568:journee-contre-la-precarite
(2) Le gouvernement compte "poursuivre les efforts pour que l'Etat parvienne à supprimer 34.000 postes de fonctionnaires l'an prochain" et maintient le principe du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, a annoncé le ministre. Eric Woerth le 18 mai dernier.
Contenu
1.Interview de Christophe Doré, secrétaire général
2. Synthèse sur "la difficulté scolaire"
3. Texte-action
1. Interview
- Vous n'adoptez pas la définition technique de la difficulté, revendiquée par les instances nationales et académiques et s'appuyant sur les évaluations nationales ? (1)
Christophe Doré - Le repérage des enfants en difficulté s'appuie avant tout sur le pragmatisme, sur notre vie en classe, au quotidien. La difficulté est multiple et diverse dans son expression, dans les formes dans lesquelles elle se révèle, mais aussi dans ses causes. Il n'y a pas un schéma unique, un enfant qui rentre dans la case de la difficulté scolaire. Tous les enfants sont différents, ce qui est important c'est que nous soyons capables de repérer la difficulté. Et cela nous savons le faire et deuis longtemps. La phase suivante est d'apporter des réponse et pour cela cela passe par une autre politique éducative, en particulier sur la question des moyens.
- Le Congrès a confirmé la condamnation du dispositif "aide personnalisée" (Ndlr le dispositif de remplacement des heures supprimées du samedi matin et proposé majoritairement dans le département du 13 à l'heure du déjeuner dite pause méridienne)
CD - Le constat que nous dressons rejoint l'analyse a priori. Ce dispositif tel qu'il a été mis en place par Xavier Darcos ne répond pas aux besoins de prise en charge de la difficulté scolaire. Aucun outil d'évaluation n'a été créé spécifiquement pour voir si cette aide pesonnalisée donnait des résultats. Mais les enseignant du primaire font état d'un vécu montrant qu'il y a un plaisir des enfants à être pris en charge en petits groupes, mais simplement dans un premier temps. Mais ce plaisir ne dure pas, une lassitude succède,montrant que cette aide personnalisée ne peut répondre aux besoisn des élèves qui ont besoin de soutien sur toute une année, voire sur plusieurs années. ll faut trouver autre chose.
- Et vous cherchez une alternative à proposer, le Congrès n'a pas encore déterminé collectivement de position...
CD - Le Congrès a ouvert des pistes, nous avons clairement refusé certains aspects, mais notre réflexion n'est pas encore aboutie, et nous ne sommes pas encore tout à fait en mesure, actuellement, de dire, nous avons la solution. Mais est-ce que l'on peut, un jour,vraiment être en mesure de dire, nous avons la solution quand on fait un métier aussi sensible, aussi difficile, dans lesquel il n'y a pas une seule et unique recette, qui réclame que l'on s' adapte à chaque situation. Le monolithisme de l'aide personnalisée ne permet pas cette adaptation, c'est ce qui la rend incapable de répondre aux besoins.
Où en est-on de la réflexion dans les autres départements ?
CD - D'après les échanges que nous avons, le constat est le même. L'aide personnalisée n'est pas le bon outil, il faut poursuivre la réflexion. Nous voudrions d'ailleurs que ce soit le ministère qui l'engage avec tous les partenaires, enseignants, mais aussi parents, mairies, sur ce qu'il faut mettre en place pour enfin vaincre la difficulté scolaire.
Vous demandez également une autre carte des Zep ?
CD - Nous demandons une révision de la carte des Zep qui fasse rentrer quelques écioles dans lesquelles la difficulté scolaire s'est installée en même temps que la difficulté sociale est apparue dans le quartier. D'autres dispositifs se sont mis en place depuis, en particulier les réseaux Ambition réussite.Par exemple, nous avons un collège qui est Ambition réussite et deux écoles, l'une est Zep l'autre ne l'est pas, le cas existe dans les établissements classés Violence et nous demandons que ces cartes qui datent de fort longtemps soient révisées.
(1) Selon la typologie académique en CE1
• Un élève réussit moins de 50 % des items d'un champ : classement en catégorie « grande difficulté ». • Un élève réussit entre 50 % et 75 % des items d'un champ : classement en catégorie « en difficulté ». • Un élève réussit au moins 75 % des items d'un champ : classement en catégorie « sans difficulté
En Education prioritaire de l'acédmie Aix-Marseille, selon cette classification et dans le champ "Compréhension", 9% sont en grande difficulté et 17% en difficulté.
Voir pour les détails des définitions et interprétations page 24 http://www.ac-aix-marseille.fr/public/download/1386/Eval2007_web.pdf "Les évaluations nationales à l'entrée en CE1 et CM2' septembre 2007"
A noter que cette année, les évaluations CE1 étaient en expérimentation. Le protocole (NDLR le choix des items et des exercices) avait été très critiqué pour faire apparaitre un nombre d'élèves en difficult plus important que celui constaté par les enseignants sur le terrain.
2. Le texte voté par le Congrès SNUipp 13
La difficulté scolaire
Depuis plusieurs années, les contre-réformes mises en place dans le premier degré ont toutes pour alibi la sortie sans qualification du système éducatif de nombreux élèves. Pourtant, d'après le dernier rapport de l'observatoire des inégalités, "L'état des inégalités en France 2009", (1) on serait passé de 150 000 jeunes sortant du système éducatif sans qualification dans les années 90 à 70 000 aujourd'hui.
(1) http://www.inegalites.fr/spip.php?article958&var_recherche=L%27Etat%20ds%20in%E9galit%E9s%20en%20France%202009&id_mot=74
Ces progrès ne doivent cependant pas masquer le noyau dur de l'échec scolaire, dû pour une bonne part à la massification de la scolarisaion des trente dernières années et contre lequel les enseignants, spécialisés ou pas, luttent avec compétence et volontarisme malgré l'insuffisance des moyens. A ce sujet, le gouvernement critique souvent l'efficacité des Rased sans que les effets de ce dispositif, mis en place au début des années 90, n'ait jamais été évalués.
Récemment, l'Education nationale a connu des mutations ilmportantes: suppression de deux heures d'enseignement pour 80% des élèves, nouvelle organisation hebdomadaire, aide personnalisée (Ndlr le dispositif de remplacement de ces deux heures proposé majoritairement dans le département du 13 à l'heure du déjeuner dite pause méridienne), stages de remise à niveau (Ndlr pour les enfants en difficulté de CM1-CM2 pendant les vacances depuis février 2008), nouveaux programmes (Ndlr depuis la rentrée 2008), suppression de nombreux poste, réforme du recrutement et de la formation,initiale et continue, des enseignants.
A cela doit s'ajouter une série de projets inquiétants et déjà aboutis: celui de la création des EPEP (Voir texte SNUipp 1), de l'agence du remplacement (Ndlr volonté du ministre Darcos de globaliser le problème des absences des enseignants, voir texte officiel 2) ou ceux qui concernent la maternelle par exemple.
(1) http://www.snuipp.fr/spip.php?article4336
Les dispositifs mis en place sans concertation se succèdent et ne sont pas réellement évalués comme les "CP à dix" qui ont été abandonnés au bout d'un an d'expérimentation.
Pour le SNUipp13, ces contre-réformes mettent en péril l'école publique, sans même tenir compte des résultats des chercheurs.
Malgré toutes les annonces, le seul fil conductur de cette politique semble être une logique de restriction budgétaire et de suppression de postes, comme dans toute la fonction publique, au mépris de la mission humaniste et éducative de l'école.
Contre cette logique comptable, le SNUipp maintient le cap : viser la réussite de tous les élèves. Pour y parvenir, il est incontournable de s'interroger sur le traitement de la difficulté scolaire dans toutes ses dimensions.
Quelle définition de la difficulté scolaire ?
Les difficultés scolaires ont une origine, une nature et des manifestations très variées. La difficulté peut être lourde, durable ou passagère. Elle peut être liée à un handicap, à une situation psychologique, sociale, familiale...Les raisons pourraient finalement être aussi nombreuses que les individus, mais il ne faut pas faire porter individuellement la responsabilité des difficultés, ce qui conduit à culpabiliser les élèves et leurs familles. Il faut valoriser l'intérêt du cadre collectif de la classe et ses enjeux dans les apprentissages.
La Loi d'orientation de 2005 a transformé en profondeur les missionsde l'école, en particulier avec la création, en 2006, du socle commun de connaissances et de compétences. Or, pour le SNUipp, les sept piliers qui définissent "ce que nul n'est censé ignorer" ne sont pertinents ni dans leur contenu ni dans la conception d'un minimum exigible. En se focalisant sur les fondamentaux, on réduit les ambitions et on nuit à l'épanouissement de l'individu.On se prive aussi d'activités qui permettraient aux élèves en difficulté d'être valorisés dans leurs apprentissages.
Le manque d'ambition qui caractérise le socle commun sur lequel s 'appuie le gouvernement se retrouve dans les programmes mis en oeuvre à la rentrée 2008. Ces derniers ont pour vocation de détourner l'élaboration de contenus à enseigner vers des savoirs à évaluer, dans une logique exclusive de résultats, en résonnance avec celle de la LOLF. Les nouvelles évaluations nationales visent une sélection des élèves, voire un tri, qui risquent de stigmatiser les plus en difficulté. D'ailleurs, si nous n'y prenons garde, ces derniers ne pourront même plus bénficier de l'aide des RASED, voués à une disparition programmée.
Il est indispensable de redéfinir les missions de l'Ecole sans vision restrictive qui privilégie la formation au détriment de l'instruction ou de l'éducation. Le "lire, écrire, compter" au demeurant indispensable ne suffit pas. L'Ecoledoit former de futurs citoyens qui devront avoir acquis une culture, des compétences méthodologiques et une capacité de réflexion pour exercer pleinement leur liberté. Le SNUipp tient à réaffirmer que ces éléments sont la meilleure garantie à l'enrichissement personnel et à la capacité de comprendre et d'agir sur le monde.
Echec scolaire et inégalités sociales et territoriales
Il y a un lien étroit entre échec scolaire et inégalités sociales. Il paraît indispensable de prendre des mesures d'accompagnement et d'aide à la scolarité pour les familles les plus défavorisées. Les difficultés sociales se concentrent géographiquement, fruit de politiques d'urbanisme qui ne garantissent pas la mixité sociale, premier vecteur de mixité scolaire. Les décisions de libéralisation de la carte scolaire, a contrario des annonces effectuées par le ministère de l'Education nationale, risquent d'augmenter le phénomène de ghettoïsation scolaire.
Cette problématique interroge les politiques menées dans l'Education prioritaire ces dernières années. ZEP, REP, RAR, zones violence, les différentes appellations ont été mises en place à des périodes différentes, se croisent ou se distinguent avec un ancrage pas toujours en adéquation avec la réalité. Une révision de la carte des ZEP est souhaitable, ainsi qu'une amélioration des conditions de travail.
Le SNUipp a déjà établi une série de revendications pour les écoles de l'Education prioritaire, portant sur des incitations professionnelles et des éléments d'amélioration des conditions de ravil: amélioration des conditions d'accueil des enfants, baisse des effectifs,maternelle obligatoire, amélioration du contenu de la formation initiale dans ce domaine, rééducateurs et psychologues scolaires, redéfinition du statut d'ENAF pour une prise en compte de la non francophonie, augmentation du nombre de CLIN.
Le SNUipp tient à rappeler que les questions des effectif et de leur réduction sont décisives pour la réussite de tous. Les expériences de fonctionnement avec un maître supplémentaire ont montré leurs effets positifs sur les progrès des élèves. Le SNUipp demande une extension du dispositif
(2) http://www.provenceducation.com/index.php?option=com_content&view=article&id=125:deux-maitres-par-classe&catid=47:deux-maitres-par-classe&Itemid=61
Le dispositif RASED reste indispensble au traitement de la difficulté scolaire. L'aide spécialisée et son regard pluriel au sein des RASED dans un cadre spécifique, en partenariat avec les équipes pédagogiques a pour but la réintégration de l'élève à la classe par des actions de prévention et de remédiation individuelles ou en petits groupes.
C'est pourquoi le SNUipp exige le rétablissement des 3000 postes d'enseignants au sein des RASED et le développement de ce dispositif par la création des postes supplémentaires et le maintien des heures de synthèse.
En ce qui concerne le handicap, le SNUipp regrette que la loi du 11 février 2005 ait été mise en ouevre à moyens constants.
Nous demandons le développement de la formation et l'obtention d'un statut par les AVS, la redéfinition des critères d'orientation en CLIS, UPI et SEGPA, la création de maîtres ressources (option D) pour aider les collègues à gérer la difficulté au quotidien, une meilleure formation de tous les enseignants au handicap, la réduction du nombre des dossiers gérés par chaque référent, et une aide pluridisciplinaire pour les enseignants. Le manque de moyens de remplacement et de personnels spécialisés ne permet pas pour l'instant d'envisager la mise en place d'une brigade spécialisée de remplacement pourtant nécessaire dans l'intérêt des élèves.
Quelles propositions pour favoriser la réussite de tous ?
Réduire l'échec scolaire passe avant tout par la réduction des inégalités sociales et territoriales. Au-delà des inégalités et face aux contre-réformes gouvernementales, le SNUipp doit relancer un projet de transformation de l'école.
Il s'est donné plusiers mandats qui doivent être redébattus, améliorés et relancés: âge de la scolarité obligatoire, accueil des deux ans en maternelle (contre la mise en place des jardins d'éveil),orientation des jeunes en fin de scolarité, temps de concertation supplémentaire..
La réfome de la formation au sein des Iufm doit prendre en compte la complexité de notre métier.
La nouvelle organisation scolaire impose également uen clarification des différents temps de l'école: obligatoire et facultatif, scolaire et extrascolaire...
Si le contat d'un aloudissement des journées de travail, pour les élèves comme pour les enseignants, est partagé, il est indispensable de s'appuyer sur les recherches liées aux rythmes scolaires et de mener une réflexion sur la réalité de l'activité enseignante.
L'aide personnalisée et les stages de remise à niveau qui relèguent la prise en compte des difficultés hors temps scolaire, ne sont pas une réponse.
En la matière, l'exemple des stages de remise à niveau est particulièrement parlant. L'analyse que les collègues en font est dévoyée par la question financière qui prend souvent le pas sur l'intérêt pédagogique.
En conclusion, le SNUipp se doit d'avoir une vision ambitieuse pour l'école et doit réaffirmer ses exigences de moins d'élèves par classe, de plus de maîtres que de classes, de plus de temps pour le travail en équipe et d'une formation plus solide à la difficulté scolaire et au handicap.
(2) Extrait du dossier de presse Rentrée 2008 -
La création de l’agence nationale du remplacement des enseignants
Aujourd’hui le ministère de l’Éducation nationale dispose d’un potentiel de remplacement important (l’équivalent de plus de 50 000 postes d’enseignants) mais l’organisation du dispositif de remplacement ne permet pas de mobiliser plus de 80% de ce potentiel. Aussi, pour permettre une amélioration de la politique de remplacement des enseignants, sera créée à la rentrée 2009 une agence nationale du remplacement.
Cette agence aura pour objectifs :
- de coordonner l’action du Ministère concernant le remplacement en développant la mutualisation des bonnes pratiques et des moyens de remplacement ;
- d’informer les interlocuteurs de l’Éducation nationale quant aux conditions dans lesquelles se déroule le remplacement ;
- de veiller à une bonne répartition des moyens sur le territoire ;
- de professionnaliser le remplacement.
Cette agence ne se substitue pas aux réseaux locaux de remplacement mais permettra la coordination de ceux-ci. C’est une administration de mission de l’Education nationale, dotée d’une vingtaine de personnes, qui sera opérationnelle pour la rentrée 2009
3. Texte-action du Congrès SNUipp 13
Le Congrès du SNUipp 13 s'est tenu à Arles au terme d'une année scolaire traversée de très fortes mobilisations pour obtenir un plan de relance contre les effets de la crise et pour obtenir l'abandon des réformes engagées par le gouvernement contre les services publics et ses personnels en général et dans l'Education en particulier.
Ces mobilisations, que ce soit celle des personnels de l'Education inscrite dans la durée cet automne ou de l'enseignement supérieur et de la recherche depuis, se sont caractérisées par une grande diversité d'initiatives et de modes d'actions, mais aussi par des journées rassemblant plusieurs millions de manifestants. Ces grèves et manifestations, favorisant la prise en compte et la participation du plus grand nombre et témoignant d'un fort potentiel de mobilisation n'ont cependant pas permis de bloquer les projets gouvernementaux et ont montré les limites des journées d'action dispersées dans le temps.
En dépit de quelques reculs partiels, parfois importants comme en Guadeloupe, arrachés à la suite de leur exceptionnelle mobilisation, le gouvernement et le patronat persistent dans le maintien de leur orientation générale et de leur dogmatisme idéologique. Ces mobilisations sont cependant un poiint d'appui pour la suite de l'action.
Le 2 juin devant la CPAM à l'appel de la CGT, de la CFDT, de la FSU, de l'UNSA et de la FGR, les instituteurs retraités ont fait entendre leurs revendications spécifiques sur le pouvoir d'achat et la santé. Ils poursuivront ces mobilisations cet automne en préparant "la semaine bleue".
Le SNUipp 13 demande l'assimilation plus rapides des instituteurs retraités dans le corps des PE par un changement de réglementation sans attendre l'extinction du corps des instituteurs.
Concernant la loi Bachelot, 'Hôpital, Patients, Santé, Territoires", pilotant la politique de santé par "l'économique", au détriment du médical. Le SNUipp 13 rejette l'introduction de la concurrence entre le public et le privé donc les lois du marché et le profit dans un secteur où ils ne devraient pas avoir de place. Le SNUipp 13 s'investira avec l'ensemble des salariés contre cette politique de santé.
Dans le contexte de criminalisation de l'action syndicale, qui voit des militants mis en examen, en garde en vue à raison de leur engagement ou leur action syndicale, le SNUipp 13 avec la FSU 13 participera à l'initiative unitaire du 29 juin à Marseille à l'occasion du procès de Charles Hoareau. Cette initiative doit nous permettre d'informer et de mobiliser sur les régressions et les atteintes régulières au droit syndical dont nous avons été victimes cette année.
La réforme territoriale engagée par le gouvernement, les effets locaux de la crise, la suppression de la taxe professionnelle menacent les finances locales. Le SNUipp 13 revendique que les organisations syndicales des personnels soient associées au débat général et que les moyens d'assurer la réduction par le haut des écarts fassent l'objet de garanties, notamment pour assurer le financement des écoles. Le SNUipp 13 en partenariat avec la communauté scolaire établira un cahier des charges référentiel de l'équipement et des moyens des écoles qu'il soumettra aux instances paritaires de l'Education nationale (CDEN,...) et aux municipalités de ce département.
De même devant les possibles évolutions de prise en charge des questions éducatives au sein des projets des métropoles ou mégapoles dont Marseille pourrait faire partie, il est nécessaire d'engager le débat avec les personnels sur les revendications à faire émerger aussi bien sur le plan de la gouvernance, que de la gestion et des moyens.
Dans ce cadre et de manière plus générale, la question de la direction d'école doit redevenir une question importante de l'activité du SNUipp 13. Les évolutions de la direction d'école et de fonctionnement des écoles et du conseil des maîtres doivent conduire à établir une nouvelle plate-forme revendicative préparée par une commission "direction". Le SNUipp 13 rejette tout retour du projet de loi sur les EPEP.
De même, les personnels recrutés sur des contrats précaires dans les écoles (EVS, AVS, CAE, CAV), dont une grande partie va se retrouver sous quelques jours au chômage, doivent bénéficier d'une réembauche sur poste dans l'urgence pour ceux qui le souhaitent et obtenir des garanties de débouchés pour les autres. Les postes statutaires correspondant aux tâches effectuées doivent être créés. Le SNUipp 13 poursuivra dès maintenant ses actions avec l'ensemble des autres partenaires (syndicats, parents d'élèves, associations complémentaires...) pour obtenir satisfaction.
Après une première série d'attaques contre les écoles maternelles, l'annonce de la création de jardins d'éveil dans des écoles à la rentrée suscite de nouvelles et légitimes inquiétudes. Loin de favoriser la complémentarité des structures d'accueil de la petite enfance, cette expérimentation va faire coexister en un même lieu des structures de nature et vocation différente programmant la disparition de l'école maternelle. Le SNUipp 13 est opposé à un tel dispositif. Il travaillera à la défense inconditionnelle d'une école maternelle de service public, avec les parents, les maires en les incitant à refuser d'établir les jardins d'éveil.
La question des suppressions de postes va se poser dès la rentrée dans le cadre de la préparation budgétaire. Le SNUipp affirme son ambition pour l'école et s'engagera dans une lutte contre ces suppressions et pour des créations de postes nécessaires au bon fonctionnement des écoles (classes, remplacement, maîtres supplémentaires, enseignement spécialisé, RASED)
Le SNUipp 13 exige l'abrogation du décret SMA et agira auprès des municipalités pour sa non-mise en oeuvre.
Le bilan de l'aide personnalisée montre qu'ell est loin d'apporter les réponses affichées par le ministre. Nous demandons la suppression de l'AP. Nous interviendrons au conseil national du SNUipp pour qu'un mot d'ordre national organise l'action en ce sens.
Face aux attaques contre les droits syndicaux (RIS, paritarisme, droit de grève), le SNUipp 13 cherchera l'unité pour imposer le respect de ces droits et en garantir le plein exercice.
Concernant la formation des enseignants, le SNUipp 13 interviendra pour que, le 12 juin, lors du CSFP, la FSU vote pour l'abandon de la réforme du recrutement et contre l'ensemble des décrets.
Le SNUipp renforcera son implication dans le RESF pour la protection des élèves sans papiers et de leurs familles.
Dès maintenant, le SNUipp 13,dans la FSU, doit créer les conditions d'un mouvement d'ensemble des salariés sur les revendications éducatives et interprofessionnelles, capable de gagner. L'exceptionnelle unité syndicale qui rassemble l'ensemble des organisations depuis janvier sur une plate-forme revendicative ambitieuse doit permettre d'obtenir des résultats tangibles en s'appuyant sur la volonté d'y associer sans cesse de nouveaux salariés, en s'ancrant sur 4 ou 5 revendications.
Le SNUipp 13 doit prendre toute sa part pour favoriser la réussite et la participation la plus massive des personnels à l'occasion de la journée nationale d'action du 13 juin et du rassemblement marseillais (qui se tiendra au Vieux-Port et non à la porte d'Aix comme nous l'avions annoncé) ainsi que des perspectives de poursuites du mouvement unitaire nécessaire au-delà de cette date, dès la période de rentrée scolaire.
Ce texte a été voté à 34 mandats pour, 1 contre, 13 abstentions |