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Écrit par wallez   

Xavier Darcos évoque la création de brigades d'agents assermentés pour assurer la sécurité

 

LES FAITS - Xavier  Darcos, lors du congrès national de la Peep à La Rochelle tenu à partir d'aujourd'hui 21 mai, a annoncé que des mesures pour renforcer la sécurité des établissements seraient mises à l'étude: création de brigades d'agents civils assermentés auprès des recteurs, fouille des cartables pour chercher des armes éventuelles, sanctions financières pour les parents qui ont démissionné devant leurs enfants. Cela fait suite à l'annonce récente qu'une liste de 184 établissements devait être établie qui feront l'objet de plans et diagnostics particuliers, avec  installation de video surveillance et clôtures plus élevées. Cette annonce avait suscité une réaction virulente de Janine Ecochard, déléguée Education au conseil général 13.

Ce discours est bien entendu une réponse au drame du collège de Fenouillet (Haute-Garonne) où une enseignante a été poignardée par un élève. Il correspond aussi un réflexion de fond sur le sujet des violences et incivilités. Un paragraphe de la traditionnelle circulaire de rentrée qui a été mise en ligne aujourd'hui dans le bulletin officiel porte sur ce chapitre (lire article sur cette page d'accueil et lien). Une réunion a été programmée au ministère mercredi prochain avec les fédérations de parents d'élèves et portera sur ce débat, a annoncé au téléphone Anne Kerkhove, présidente nationale de la Peep

 

Xavier Darcos a proposé jeudi lors de son discours d'ouverture du Congrès de la Peep de réfléchir à la création d'"une force mobile d'agents" intervenant en milieu scolaire "sur des missions de prévention et de contrôle" de la violence, et jugé nécessaire de pouvoir fouiller les élèves suspectés de transporter des armes. Selon l'entourage du ministre, il ne s'agirait pas d'agents de police mais "de personnes formées et assermentées, placées auprès des recteurs, susceptibles de se rendre dans les établissements rapidement, pouvant constater des délits, confisquer des armes, opérer des fouilles si nécessaire".

"Dit comme cela, cela peut effectivement paraître brutal"  nuance Mme Anne Kerkhove, présidente nationale de la Peep, jointe au téléphone.  "Mais M.Darcos n'a présenté cette réflexion qu'en fin de discours (Ndlr lequel n'était pas disponible à l'heure où nous mettons en ligne) après avoir d'abord  parlé des réformes et en particulier de celle de l'orientation qui nous tient à coeur à la Peep. Dans ce domaine, d'ailleurs, nous considérons que ce qu'il a annoncé (lire article sur la même page d'accueil portant sur la circulaire de rentrée) est une avancée...sauf que les parents ne sont pas associés, en particulier à l'entretien que le professeur principal doit avoir avec l'élève. Cela nous semble anormal et nous l'avons fait savoir avec peut-être plus de force que notre opinion sur ces mesures de sécurité qui émeuvent tant les journalistes. Et que M.Darcos a annoncées en disant qu'elles seraient mises à l'étude et ajoutant cette phrase. "Ne nous fermons aucune porte". Nous en parlerons plus profondèment mercredi puisque toutes les fédérations de parents d'élèves sont conviées au ministère pour aborder ce sujet".
Le ministre, qui a évoqué le drame de Fenouillet (Haute-Garonne), où une enseignante a été poignardée en plein collège le 15 mai, veut pouvoir donner à ces personnels assermentés "les moyens juridiques et matériels d''agir", en leur octroyant
"le droit de faire ouvrir le cartable ou de fouiller l'élève qu'ils suspectent de vouloir introduire des armes".
En outre, en ce qui concerne les parents qui ont "démissionné" face à leurs enfants, M. Darcos estime "qu'il faut (les) rappeler à leur devoir de parent en leur infligeant, si nécessaire, des sanctions financières concrètes, rapides et proportionnées à la faute". Il a par ailleurs annoncé que le sujet des "jeux dangereux" dans les cours de récréation serait "parmi les priorités" de l'action de son ministère et "explicitement cité dans la prochaine circulaire de rentrée scolaire".

Patrick Flory, président de la FCPE 13, a estimé que "ce discours fait peur, à chaud et tel que cela m'a été présenté par les journalistes qui m'ont appelé. Le drame de Fenouillet, qui est un fait divers dramatique certes, mais isolé, ne me semble pas de nature à justifier un tout-sécuritaire. Les établissements scolaires ne sont pas tous des zones de non-droit quand même. Envisager de sanctionner les parents me semble relever de ce même phénomène de la généralisation abusive. Je connais des milliers de parents qui n'ont pas démissionné. Et ceux qui malheureusement en sont arrivés à ce point méritent sans doute autre chose qu'une politique de répression".

Anne Kerkhove estime également que "les parents qui ont démissionné doivent faire l'objet d'un traitement gradué, tenter de les rencontrer d'abord, ce que font souvent et parfois en vain les chefs d'établissement, puis faire intervenir les réseaux d'assistantes sociales et enfin éventuellement apporter des sanctions, sachant que ces personnes ont surtout besoin d'accompagnement. Nous ne sommes pas partisans d'une ingérence, nous pensons que c'est aux parents d'être les premiers surveillants, c'est à eux d'ouvrir les cartables avant le départ à l'école pour savoir s'il n'y pas une tenaille, un couteau, quelque chose qui  puisse être utilisé comme une arme. Nous pensons également que les médiateurs (Ndlr 5000 au totalà) qui seront embauchés dans les établissements pourront contribuer à assainir le climat. Nous voulons tous, bien entendu que la violence soit endiguée, mais il faut prendre le problème avec calme. Nous avons eu des désaccords sérieux avec le ministre depuis deux ans, mais nous sommes d'accord avec son approche de concertation sur le sujet. Nous verrons bien mercredi jusqu'où il veut aller".

Rappelons que le président Nicolas Sarkozy avait annoncé le 18 mars à Gagny (Seine-Saint-Denis), huit jours après une expédition punitive menée dans un lycée de la ville par une vingtaine de personnes capuchonnées et armées de barres de fer, bâtons et couteaux, la "sanctuarisation" des établissements scolaires et le recensement des plus exposés aux intrusions. Finalement, 184 établissements, dont le nom ne sera pas publié, identifiés dans les académies les plus peuplées, ont été  communiqués au ministère. Ils font l'objet de plans et diagnostics de sécurité, qui devraient porter essentiellement sur les abords, les problèmes de clôture, voire la vidéosurveillance.
"Le but de ces diagnostics, ce n'est pas d'aboutir à demander dix surveillants de plus et trois clôtures de trois mètres de haut. Cela en fera peut-être partie mais il y a aussi un regard précis sur le fonctionnement de l'établissement dans ces compartiments-là : qu'est-ce qu'une intrusion, est-ce qu'il y en a beaucoup, comment peut-on les combattre, etc.", a-t-on expliqué au ministère. Bien que l'enquête nationale Sivis (Système d'information et de vigilance sur la sécurité scolaire) ne dénombre que 15 % d'intrusions parmi les incidents graves, dont seulement la moitié commises par des personnes sans lien familial avec les élèves, le climat ambiant pèse sur le niveau de violence dans l'établissement.

Cette enquête a pourtant généré le 15 avril  un communiqué très critique de Mme Janine Ecochard, déléguée Education au conseil général 13 (majorité PS)/Lire

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