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Écrit par wallez   

Alain Barlatier (FSU):  "Revalorisation, suppressions de postes, réformes, autant de raisons"

 La première journée d'action de l'année scolaire dans l'Education nationale avec appel à la grève et manifestation est générée par trois raisons : revalorisation du métier d'enseignant, suppressions des postes et réformes en cours. Des divergences d'analyses sur ce dernier volet ont ébranlé l'unité syndicale. Seuls la CGT, la CFDT, la FSU, le Sgen-Cfdt et Sud Education participeront à la journée du 24. Interview d'Alain Barlatier, responsable Bouches-du-Rhône FSU

 

 

Quelles  sont les différentes raisons de cette journée de grève ?

Alain Barlatier - La première porte sur la revalorisation du métier d'enseignant qui donne lieu à l'ouverture de négociations. Les propositions du ministère font suite aux engagements pris par le candidat Sarkozy en 2007. Il avait dit  alors que le métier d'enseignant n'était pas sufisamment reconnu en particulier quant aux rémunérations. Il avait également dit  que les économies réalisées par la suppression massive des postes seraient reversées en partie pour la revalorisation du métier. Le ministre a annoncé que des négociations allaient s'ouvrir. Les propositions faites sont loin de satisfaire les enseignants et leurs organisations, on peut même affirmer qu'elles font l'unanimité contre elles.

Le président Sarkozy et son ministre Darcos avançaient à l'époque  que le système  des heures supplémentaires défiscalisées, base d'un certain nombre de dispositif de soutien mis en place par ce gouvernement (en particulier l'accompagnement éducatif et les stages de remise à niveau) constituaient une opportunité financière pour les enseignants volontaires, décidés à jouer le jeu de la participation. Pour votre organisation, cela n'a rien à voir avec la revalorisation indiciaire  ?

AB - Nous pensons qu'il faut revaloriser notre métier, avoir de meilleurs revenus, sans forcément redéfinir les missions, sans forcément demander à travailler plus, à travail égal donc. Cela ne passe pas par les heures supplémentaires. Les propositions qui sont faites, en particulier augmenter les salaires de début de carrière, ne tiennent pas compte du fait que le recrutement va se faire désormais à Bac + 5 soit deux ans de plus. Les collègues qui sont en début de carrière actuellement avancent en terme d'échelons pendant ces deux années et les générations qui vont arriver ne s'y retrouveront pas forcément avec la compensation proposée pour ces deux années supplémentaires de formation. C'est donc un marché de dupes. Pour nous, il faut revoir toute la grille si l'on considère que le niveau de recrutement passe de Bac + 3 à Bac +5. Nous sommes également hostiles à toute introduction de rémunération au mérite, le mérite est une notion subjective, qui laisse une large part au jugement porté par l'administration des établissements qui ne tient pas forcément compte uniquement de la qualité du travail fourni. Pour donner une idée de la perte du pouvoir d'achat de cette profession, en 1981, l'enseignant était recruté à un peu plus de 2 fois le SMIG, aujour'dhui il l'est à 1,2 fois. La place dans l'échelle des revenus  avec 1300 euros de salaire de départ ne correpond pas au niveau de formation demandé.

- Une autre raison du mouvement...

AB Les annonces concenant le  budget 2010 vont se traduire,si l'exercice est voté en l'état, par 16 000 suppressions dans l'Education nationale, 30 000 pour l'ensemble de la fonction publique. Ces suppressions s'ajoutent à celles des précédentes années et il devient très difficile de fonctionner avec toutes les ponctions réalisées. Les problèmes de violence et les difficultés d'apprentissage sont la conséquence de ces restrictions budgétaires. Nous demandons donc  l'arrêt de ces suppressions et un rattrapage

- Les réformes  en cours suscitent un mécontement parmi vos adhérents ?

  AB Nous considérons qu'elles ne sont pas entreprises avec une volonté pédagogique, mais constituent plutôt une justification des restrictions budgétaires. On le voit avec le bac pro passé à  3 ans, alors qu'il s'étalait sur quatre auparavant, entraînant une restrictions de postes. La mise en place dans les collèges  du tronc commun, qui est une réduction de l'offre de formation, procède de la même logique. Enfin, nous pensons que la réforme Chatel du lycée est également motivée par des considérations budgétaires avec la diminution des heures disciplinaires.

- Les deux premières raisons sont consensuelles, pas  le thème des réformes  qui oppose en partie les organisations. Conséquence: cette journée du 24 ne sera pas unitaire.

AB Le communiqué intersyndical des Bouches-du-Rhône montre qu'il y avait une volonté partagée de tenir compte de la diversité des points de vue sur tel ou tel sujet. Le Sgen Cfdt nous a rejoint alors qu'au niveau national il n'est pas partie prenante. Nous prenons acte qu'il n'y a pas unité, mais cette journée sera suivie d'autres ui seront unitaires, nous le souhaitons. Dès le lendemain, le 25 novembre donc, c'est un groupe élargi à d'autres syndicats en particulier le SE-Unsa, mais aussi à la Fédération des parents FCPE  et à des associations complémentaires éducatives qui mènera une action de sensibilisation (lire le communiqué)

Communiqué FSU

TOUS ENSEMBLE POUR LA REVALORISATION DE NOS METIERS

POUR LA DEFENSE D'UNE ECOLE PUBLIQUE DE QUALITE

 Le gouvernement poursuit sa politique de régressions et d'attaques en profondeur du système éducatif.

Pourtant, l'investissement dans l'éducation, la formation et la recherche est un enjeu essentiel pour l'avenir.

Dans les écoles, collèges, lycées, les effets cumulés des milliers de suppressions de postes se font déjà lourdement sentir : classes aux effectifs lourds, menaces sur la maternelle, sur l'aide aux élèves en difficulté, sur les remplacements, mise en péril des services administratifs, dégradation générale des conditions d'étude et de travail et dénaturation des métiers.

A l'université, dans l'enseignement professionnel, au lycée général et technologique, les « réformes» annoncées ou en cours sont pilotées par de mêmes objectifs : réductions budgétaires et renoncement à la réussite de tous.

Les 16 000 suppressions supplémentaires prévues au budget 2010 vont encore alourdir la situation et menacent la formation et le recrutement des maîtres.

 Personnels enseignants, administratifs, sociaux, de santé, d'éducation, Ensemble

• Pour l'augmentation de nos salaires et la revalorisation de l'ensemble des personnels

• Pour un système éducatif qui assure la réussite de tous les jeunes

• Contre les suppressions de postes et le développement de la précarité

• Contre la loi « mobilité », véritable broyeuse du statut des fonctionnaires

• Pour l'augmentation des recrutements aux concours

• Pour une autre réforme de la formation des enseignants

 


Pour une école plus juste dans une société plus juste

 


Mardi 24 novembre Manifestation 10h Marseille

Bd Charles Nédelec (Porte d'Aix).

Cette manifestation convergera avec celle des Postiers

de la Canebière à la préfecture

 


Mercredi 25 Novembre à 14 heures, conférence de presse publique devant la préfecture à l'appel de l'intersyndicale éducation (FSU, SGEN CFDT, SE UNSA, CGT, SUD) et la FCPE dans le cadre d'une action nationale du collectif « un pays, une école, notre avenir »

 

 
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