Réforme du lycée (2) PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par wallez   

Le président Sarkozy et le serpent de mer de la refonte STI

Hier, mardi 13 octobre lors de sa présentation de la réforme du lycée, une des pistes que le président Sarkozy a demandé à son ministre de l'Education Luc Chatel d'explorer concerne la refonte de la série technologique Sciences et Technologies Industrielles (STI).   Or cette réforme est en chantier  depuis 2003 au bas mot

 

Hier, mardi 13 octobre lors de sa présentation de la réforme du lycée, une des pistes que le président Sarkozy a demandé à son ministre de l'Education Luc Chatel d'explorer concerne la refonte de la série technologique Sciences et Technologies Industrielles (STI).   Or cette réforme est en chantier  depuis un rapport de l'inspection en 2003 qui portait sur toutes les séries technologiques afin de les ouvrir aux études supérieures principalement des BTS mais aussi des Classes prépas et d'en faire un tremplin vers un marché du travail qui, dans le domaine de la production industrielle en tous cas,  est demandeur de ces cadres intermédiaires. La réforme STI  avait failli aboutir sous le ministère De Robien en 2007 après une consultation des enseignants sur des programmes nouveaux, une architecture en 6 spécialités (10 actuellement) et un nom plus attractif: Sciences et Techniques de l'Ingénieur. Mais Xavier Darcos l'avait différée au profit de la réforme du lycée professionnel (bac en trois ans), l'intégrant dans celle du lycée général et technologique dont le projet a été retiré à la suite des manifestations de la fin 2008. 

La refonte de la série technologique STI revient au premier plan aujourd'hui  alors que les effectifs stagnent (envirn 63 000 élèves en France, classes de première et de terminale confondues), que les CPGE font peu de cas de ces bacheliers et que les poursuites en BTS sont de l'ordre de 65%, chiffres 2007 sur l'académie Aix-Marseille, qui constitue une illustration intéressante sinon symbolique des problèmes actuels des STI. Le recteur de Gaudemar, depuis son arrivée en juillet 2004, a toujours demandé l'ouverture d'une division (35 élèves)  par bassin chaque année, or au cours de ces deux dernières années, les candidatures d'élèves ne suivaient plus les créations de places. Effet du flou persistant sur l'avenir de ces spécialités STI, manque de valorisation, problème d'orientation à l'issue de la seconde de détermination ? Le chantier semble immense entre les souhaits du discours présidentiel et une réalité à transformer.

 

Chronologie

27 juin 2003 (source Snes): Dans un rapport confidentiel, à l'attention du Ministère de l'Education Nationale, l'inspection générale de STI propose de réduire le nombre de baccalauréats technologiques industriels à 5 :
- ingénierie mécanique
- habitat et urbanisme
- énergie et environnement
- information et communication
- ingénierie des systèmes automatiques

En 2004, François Fillon, ministre de l'Éducation nationale, demande à la DGESCO (Direction générale de l'enseignement scolaire) de réformer les voies technologiques. "À la rentrée 2005, a été appliquée la réforme STG (Sciences et technologies de la gestion), en 2007, la réforme STSS (Sciences et techniques sanitaires et sociales), le reste a été abandonné", expliquait à l'AEF  en 2007 Jacques Perrin, doyen du groupe STI à l'Inspection générale de l'Éducation nationale. Pourtant, la réforme serait prête depuis décembre 2005, et chiffrée à 75 millions d'euros sur trois ans dont le plan de formation des enseignants.

 Mai 2007 - La réforme est mise en consultation sur le site du ministère.

http://www.snes.edu/spip.php?article7956 (Diaporama)

21 septembre 2007 -  "La mise en place de la réforme de la filière STI n'aura pas lieu avant la rentrée  2009", précisait  à l'AEF Jean-Louis Nembrini, directeur général de l'enseignement scolaire au ministère de l'Éducation nationale. 

Décembre 2008,- Selon le Snes, il ne resterait plus que deux spécialités dans la réforme du lycée Darcos préparée par le recteur de Gaudemar. C'est en fait plus compliqué à mesurer, la technologie, dans ce projet, devenant enseignement transversal et en module.
http://www.snes.edu/spip.php?article9463

 

Les effectifs

France

Sur le fond, tous les partenaires sont d'accord sur le constat: les filières STI, peu attractives, connaîtraient un état de stagnation du côté des élèves. Dans certaines académies,  les recteurs seraient obligés de fermer des sections. "Ce sont des formations anciennes, dont les programmes datent de 1992. Il faut absolument les moderniser si l'on veut attirer les jeunes", déclarait à l'AEF (2007)  Thierry Reygades, secrétaire national du Snes pour l'enseignement technique. "Si ça continue, on va devoir fermer des BTS (brevets de technicien supérieur) et des DUT (diplômes universitaire de technologie), faute de candidats", confirmait  Jacques Perrin, doyen du groupe STI à l'Inspection générale

Rentrée 2007 (Source Ministère)

30 394 dont 2912 filles en première

34 261 dont 3160 filles en terminale

Rentrée 2008

Terminale 33 250

Première 30 058

Courbe de l'évolution STI et STL (séries de la production depuis 1994)

http://media.education.gouv.fr/file/2009/86/1/chap4-10_117861.pdf

Année 2006 (France métropolitaine) par spécialités en bac (Source Snes)
Génie électrotechnique 13 147
Génie mécanique A : productique mécanique 8 759
Génie électronique 8 375
Génie civil 2 727
Arts appliqués 2 076
Génie mécanique B : systèmes motorisés 1 564
Génie mécanique F : microtechniques 1 316
Génie énergétique 632
Génie mécanique C : structures métalliques
594

Génie des matériaux 417
Génie mécanique D : bois et matériaux associés
438
Génie mécanique E : matériaux souples 332
Génie optique 230

 

Académie Aix-Marseille

Par bassin de formation (chiffres de 2007, source Atlas, rectorat)
Aix - Pertuis Terminale S 942 élèves  - Terminale STI 189 11,9 %  du total académique STI- Total terminales 2 490
Arles - Tarascon 297  - 91 5,7 % - 859
Avignon 504 - 118 7,5 % - 1 452
Briançon - Embrun 107  - 30 1,9 % - 354
Carpentras - Orange 353 - 69 4,4 % - 1 119
Cavaillon - Apt 279 - 65 4,1 % - 694
Digne - Sisteron 212  - 71 4,5 % - 685
Gap 204  - 0 0,0 % - 520
Istres - Martigues 342 - 152 9,6 % - 1 077
Manosque 182  - 40 2,5 % - 441
Marignane - Vitrolles 233  - 105 6,6 % - 839
Marseille Est - Aubagne - La Ciotat 657 - 233 14,7 % - 1 795
Marseille Centre 744  - 95 6,0 % - 2 101
Marseille Etoile Sud 192  - 213 13,5 % - 778
Marseille Littoral Nord 137  - 7 0,4 % - 674
Salon-de-Provence 233  - 105 6,6 % - 722
Académie 5 618 - STI 1 583 100,0 % - 16 600
Source : BEA

http://www.ac-aix-marseille.fr/wacam/upload/docs/application/pdf/2009-09/atlas0910_a3.pdf
Page 70

Rentrée 2004
5 764 en S -  1 425 en STI  - 16 427  Total Terminales 

Rentrée 2005

5 690 en S- 1 511 en STI -  17 468  Total Terminales

Rentrée 2006

5 517 en S -  1550 en STI - 17 071 Total Terminales

 

 

Le rapport de l'Inspection sur l'évaluation des politiques éducatives (automne 2006) dans l'Académie estimait que


Il convient de stabiliser, en lycée, le processus de rééquilibrage des options scientifiques, amorcé depuis 2004, avec le double souci :
■ de consolider, dans le cursus lycéen, de véritables stratégies d'orientation scientifique, notamment en s'appuyant sur les couples d'options scientifiques, au besoin, expérimentales ;
■ de constituer un vivier solide à partir du couple d'options Initiation aux sciences de l'ingénieur (ISI) et Informatique et systèmes de production (ISP), en vue d'orientations en nombre suffisant vers les séries Sciences et techniques industrielles (STI) et scientifiques, option Sciences de
l'ingénieur (S-SI). L'objectif est d'accroître dans un premier temps les
effectifs de première de l'équivalent d'une division supplémentaire en
moyenne par bassin et de contribuer ainsi à l'objectif plus large de porter à
45 % d'ici 2010 le pourcentage d'élèves en classe de terminale des séries
scientifiques et technologiques in-dustrielles (PAPA 2nd degré, 1.10). Ce taux, en progression régulière depuis 2003, est passé de 43,1 en 2005 à 45,3 en 2008 (43,3 en 2006 et 45,4 en 2007).


http://www.ac-aix-marseille.fr/wacam/upload/docs/application/pdf/2009-09/pa07_10_maj09_a3.pdf

 

Les débouchés actuels

Académie Aix-Marseille Affectation BTS sur chiffres 2007 de bac STI
1570 BTS premier vœu
1065 admis
807 présents à la rentrée
Taux de candidature ( candidats voeux1 de l'académie / inscrits au bac) = 65% (68% en 2006, 67% en 2005,
66% en 2004)
Taux de satisfaction (Admis / candidats voeux 1) = 68% (65% en 2006, 64% en 2005, 63% en 2004)
Taux de désistement à la rentrée = 24% (23% en 2006 , 21% en 2005 ,24% en 2004,27% en 2003 )
Le détail des BTS

http://www.ac-aix-marseille.fr/wacam/upload/docs/application/pdf/2009-06/bac_sti.pdf

Selon le ministère, trois bacheliers S.T.I. sur cinq choisissent de poursuivre leurs études en brevet de technicien supérieur (B.T.S.), un sur six en diplôme universitaire de technologie (D.U.T.).

Les enjeux
Thierry Reygades (SNES) s'inquiète des conséquences sur le marché du travail: "Cette politique va poser un vrai problème pour les entreprises. Nous ne formons pas suffisamment d'élèves par rapport aux débouchés. Délaisser ce secteur serait une erreur car c'est l'un des rares où l'on est sûr de trouver du travail, beaucoup plus que dans le tertiaire. Tous les métiers ayant trait à la maintenance par exemple, que ce soit en automobile, aéronautique ou informatique, sont en tension, ainsi que les métiers du bâtiment."

Alain Rochette, responsable des relations avec l'enseignement chez PSA-Peugeot-Citroën, est d'avis que de toute façon, il ne suffira pas de changer le nom des filières pour les rendre attractives. "Les professionnels ne se plaignent pas de la formation des bac+2, ce qui prouve que les fondamentaux et donc la formation initiale en STI est bonne." Il invite les enseignants à davantage travailler sur l'orientation afin de convaincre élèves et parents de la valeur des formations STI. Mais pour lui, "la vraie menace pour les filières STI est le développement des bacs professionnels en trois ans au lieu de quatre." Le bac STI perdrait ainsi son avantage comparatif qui était de garder les élèves un an de moins. Or, analyse Alain Rochette, "le bac professionnel prépare moins que le bac STI à la poursuite d'études. On aura donc beaucoup moins de candidats au BTS, au DUT ou à la licence professionnelle, si les filières STI disparaissent." (Déclaration à AEF en 2007)

 

Pour en savoir plus

http://media.education.gouv.fr/file/51/2/21512.pdf
http://media.education.gouv.fr/file/86/0/4860.pdf
http://www.cerpet.education.gouv.fr/STI/actualite_sti/renov-sti/igensti_consultation_07.pdf


http://blog.lyceepourtous.fr/2009/05/sti-voie-de-reussite/

http://www.ac-orleans-tours.fr/STI/article.php3?id_article=566
http://www.ac-orleans-tours.fr/sti/IMG/pdf/lettre_de_rentree_aux_professeurs_STI.pdf
http://www.ac-orleans-tours.fr/STI/article.php3?id_article=721
http://eduscol.education.fr/D0048/proglyceetechno.htm#STI

Les définitions

 Les sept séries du baccalauréat technologique
Le baccalauréat technologique permet d'acquérir des connaissances générales et technologiques. L'étude et la mise en application concrète (fabrication, étude de dossiers, manipulations en laboratoire) occupent une grande partie de l'emploi du temps.
Le Bac S.T.G. (sciences et technologies de la gestion) avec 4 spécialités : comptabilité et finance des entreprises, gestion des systèmes d'information, communication et gestion des ressources humaines, mercatique.
Le bac S.T.I. (sciences et technologies industrielles) avec 7 spécialités industrielles : génie mécanique - Génie électronique - Génie électrotechnique - Génie civil - Génie énergétique - Génie des matériaux - Génie optique et la spécialité Arts appliqués.
Le bac S.T.L. (sciences et technologies de laboratoire) avec 3 spécialités : physique de laboratoire et de procédés industriels - Chimie de laboratoire et de procédés industriels - Biochimie-génie biologique.
Le bac S.T.2.S. (Sciences et technologies de la santé et du social) : les matières dominantes sont la biologie humaine, la connaissance psychologique des individus et des groupes, l'étude des faits sociaux et des problèmes de santé, les institutions sanitaires et sociales.
Le bac S.T.A.V. (Sciences et technologies de l'agronomie et du vivant) avec 4 spécialités : les systèmes de production agricole - la transformation des produits de l'agriculture - l'aménagement, la gestion et la préservation de l'environnement - l'animation et le développement des territoires ruraux. La formation est dispensée en lycée agricole.
Le baccalauréat sciences et technologies industrielles (S.T.I.)
Le baccalauréat S.T.I. propose sept spécialités relevant du génie industriel : génie mécanique, génie électronique, génie électrotechnique, génie civil, génie énergétique, génie des matériaux, génie optique. Il comporte également une spécialité en arts appliqués qui privilégie l'étude des principes et des techniques du design (architecture d'intérieur, environnement, stylisme, création industrielle d'objets, communication visuelle).

 

 
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